La 8e édition du festival du théâtre amateur d'expression amazigh a été entamée, jeudi soir à Akbou, par la présentation d'une pièce fétiche, "la jarre", écrite par le dramaturge Italien Luigi Pirandello et traduite et adapté en berbère par le dramaturge, feu Abdellah Mohya, qui manifestement a captivé le public.
Mise en scène par Kaoudj Toufik, de l'association "Uqtaan" de Tizi-ouzou, et campée par une douzaine de jeunes comédiens, "la chronique", dépeint des tableaux incongrus du quotidien des villageois kabyles, poussés jusqu'à la caricature, voire au surréel, dans leur expression.
La trame se noue essentiellement autour d'une jarre, une grande jarre, qui dans la tradition villageoise, sert à emmagasiner toute la récolte d'huile d'olive de l'année. Aussi sa préservation et les soins à lui apporter sont de rigueur, et le moindre manquement à son égard, peu prendre des allures de drame familial.
En l'espèce Da Brahim, qui en a fait l'acquisition de façon distraite au marché a dû l'apprendre à ses dépens. Son immense cruche était tout bonnement fissurée et ne pouvaient logiquement contenir son huile. En tachant à la remettre en état, il s'est compliqué l'existence allant jusqu'à s'y retrouver prisonnier.
Une effroyable et affreuse galère, s'en suit, ameutant tout le village, qui subitement se retrouve interpellé, dans tous ses démembrements sociaux, chacun rattrapé, d'une façon ou d'une autre, par la négligence envers la jarre.
C'était en fait le destin commun, qui s'était fissuré. Une chronique très bavarde, sur les comportements égoïstes et farfelus de quelques individus sur l'état et la prospérité du village, symbolisé par la cruche.
Et l'échec de l'un impacte le sort de toute la communauté. Livré, dans un langage, cru et recherché, propre à Mohya, la pièce a fait mouche, au grand bonheur du public, déjà sous le coup de l'émotion après les moments poignants consacrés, avant le début du spectacle à l'évocation de Boubekeur Makhoukh, une figure de proue tu théâtre professionnel national, à qui les organisateurs du festival ont tenu à rendre les hommages.
En plus des témoignages livrés par ses amis proches, notamment Omar Fetmouche, directeur du théatre de Béjaïa, Mohamed Stiti, réalisateur au théâtre d'Annaba, et la dramaturge Hamida Ait-El-Hadj, l'hommage a été appuyé par le déroulement d'un patchwork, des pièces phares, produite par le défunt dont "Hafila Tassir" et "Les martyrs reviennent cette semaine", produites par la coopérative théâtrale "Abdelmalek Bouguermouh" d'Ifri-Ouzellaguène.
Beaucoup d'émotions ont marqué cette levée de rideau, qui d'ores et déjà, préfigure du succès de ce rendez-vous, programmé une semaine durant. Le public y assisté massivement, révélant une salle de spectacles absolument exiguë. Beaucoup d'amateurs et de passionnés de théâtre n'ont pu accéder à l'intérieur de la salle. Si bien que d'aucuns songent éventuellement à organiser les spectacles en plein-air.
APS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Maghreb Emergent
Source : www.maghrebemergent.info