Annaba - A la une

Alerte à la pollution



Bien qu'il ait occupé le poste de ministre des ressources en eau durant des mois, Hocine Necib le précédent ministre des ressources en eau aujourd'hui dégommé, n'a pratiquement rien fait dans le sous-secteur de l'assainissement.Il n'avait pas saisi l'opportunité de la journée mondiale de l'eau célébrée chaque mois de mars pour lancer une offensive sur la gestion de l'eau potable et celle des eaux usées. En ce qui concerne le premier dossier, Nécib ne s'est intéressé qu'aux enveloppes financières prévues pour les projets d'eau potable qu'il a majoritairement laissés à l'abandon. Ce qu'attestent la multitude de dossiers où la mauvaise gestion du liquide vital est mise en relief dans les 48 wilayas du pays. La situation a atteint le point de non-retour en ce qui concerne les eaux usées. Le constat est dramatique. La plupart des villes algériennes ne disposent pas d'installations d'évacuation ou de traitement de ces eaux. Celles existantes sont très mal gérées et fortement sous-estimées en tant que source abordable et durable d'eau, d'énergie, de nutriments et d'autres substances récupérables. Pour d'anciens cadres du secteur spécialisés dans cette filière de la gestion de l'eau, «Le système d'assainissement d'eaux usées existant ne remplit que très partiellement sa fonction, avec des conséquences néfastes pour l'environnement et la santé des populations qui sont en contact direct avec ses effluents ». Cette affirmation est confirmée sur le terrain. Que ce soit au niveau des villes côtières ou celles de l'intérieur, les données avancées prêtent à l'inquiétude. Seul un miracle fait que jusqu'ici nous n'avons pas eu à enregistrer une quelconque épidémie. Et pour cause, l'on note, entre autres, le défaut de toilettes utilisables pour certains ménages, le manque ou le dysfonctionnement de dispositifs d'épuration des eaux usées provenant de certains industriels, y compris les abattoirs, le rejet des effluents hospitaliers, le défaut d'étanchéité des fosses septiques et des fosses simples étanches dû à une mauvaise qualité de construction. Les constats sur le plan industriel ne sont pas non plus reluisants. Nos mêmes interlocuteurs ont pointé du doigt l'insuffisance des outils de planification et d'aide à la décision dont les plans directeurs d'assainissements des eaux usées pour la plupart des villes, l'absence ou la faible intégration de l'assainissement des eaux usées dans la politique de la gestion des ressources en eau en termes d'urbanisation. A cela s'ajoutent les conflits d'attributions des prérogatives entre les offices et les communes en termes de prise en charge de l'assainissement urbain, sans oublier le faible développement du cadre réglementaire et la non-application des textes existants. Malgré ce constat alarmant, plusieurs efforts ont été consentis ces dernières semaines. C'est-à-dire depuis l'avènement de l'actuel ministre Ali Hamame. Avec son équipe, il est allé au-devant de nombreux défis qu'il a relevés. Ils sont liés, entre-autres, à la gestion des eaux usées. Comme acquis en la matière, cette structure peut se féliciter de la prise des textes réglementaires qui, sous Hocine Nécib étaient totalement ignorés. Enjeux financiers oblige, ce dernier ne s'intéressait qu'aux gros travaux tels que ceux liés à la réalisation des barrages et autres conduites d'adduction d'eau potable. Reprises une à une, les déclarations faites par Hocine Nécib lors de ces visites d'inspection et de travail dans les wilayas, montrent qu'il a rarement abordé les lois régissant la collecte, l'évacuation, le traitement et l'élimination des boues de vidanges. Comme il ne s'est pas inquiété de l'élaboration et la mise en ?uvre d'une stratégie nationale des eaux usées en milieu urbain, de la mise en place progressive de structures institutionnelles pour le sous-secteur «assainissement et eaux usées», le renforcement des capacités techniques et managériales des structures de l'Office Nationale d'Assainissement (ONA) en charge de l'assainissement des eaux usées ainsi que le suivi de l'élaboration des schémas directeurs liés à ce sous-secteur dans les 48 wilayas. .Conséquence, la majorité de nos villes et villages sont noyées par les eaux usées faute de conduites d'évacuation. La même situation est vécue par les habitants des dizaines de milliers de logements réalisés dans nos villes de l'intérieur et dans nos campagnes. C'est aussi le cas dans nos villes côtières contraintes et forcées de jeter leurs eaux usées en mer avec toute la pollution que cette méthode sous-entend. Sa corniche ayant été classée plus belle au monde de par la pureté de son eau de mer et son environnement direct et indirect à l'origine de sa côte très poissonneuse, la commune de Chétaïbi dans la wilaya de Annaba a perdu de sa superbe. La cause en est la mauvaise gestion des eaux usées. Le contraire aurait permis de protéger l'environnement et la santé de la population de toute la région. Pour bon nombre de spécialistes du tourisme et de l'environnement, à défaut d'atteindre dans l'immédiat une mise à la norme optimale les activités de l'ONA, il faut chercher à mettre en ?uvre des actions prioritaires. Ce qui permettra de mieux appréhender la protection de l'environnement, d'éviter à la population et aux terres agricoles, le contact avec les sources de contaminations et assurer le traitement des eaux usées.
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