Annaba - A la une

32 tonnes de drogue saisies depuis début 2011 en Algérie



32 tonnes de drogue saisies depuis début 2011 en Algérie
Le trafic de drogue sous toutes ses formes et ses méfaits sur l'environnement socioéconomique en Algérie ont été passés en revue, dimanche à Annaba, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la toxicomanie.
Organisée par l'Association des retraités de la police sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé et en collaboration avec différentes institutions de la République dont la jeunesse et les sports et les ministères de l'Intérieur et de la Santé, la journée d'information a été riche en enseignements. D'Algérie et de Tunisie, les intervenants entre praticiens de la santé, experts judiciaires, magistrats et anciens cadres du ministère de l'Intérieur spécialistes de la lutte contre la drogue, ont brassé large pour souligner les risques générés par ce phénomène. Les 32 tonnes de drogue, psychotropes et autres stupéfiants saisis lors du premier semestre 2011, ont résonné comme une véritable alerte. L'année écoulée, les saisies avaient été beaucoup moins importantes à la même période. Pas une seule des 48 wilayas du pays n'a été épargnée par les trafiquants qui ont multiplié les stratagèmes pour éviter d'être pris. Douce ou dure, blanche, marron et autres couleurs, injectée, sniffée, fumée ou avalée, la drogue est présente partout et à tous les niveaux des couches sociales, des deux sexes et de tout âge. C'est ce qu'ont affirmé les intervenants. L'année 2011 avait très mal commencé avec la saisie d'importantes quantités pour atteindre les 32 tonnes en juin et l'arrestation de plusieurs centaines de trafiquants, dealers, consommateurs. Gendarmes et policiers ont même constaté l'existence d'un nouveau réseau de trafic d'héroïne. Il est venu s'ajouter aux autres en activité dans les régions frontalières : Tlemcen, Maghnia, Relizane et Oran à l'ouest, El-Tarf, Annaba, Souk Ahras, Tébessa à l'est, Biskra, El Oued, Tamanrasset, Béchar, Adrar et Illizi au sud. L'affaire des 20 kg d'héroïne pure jetée début 2009 dans les eaux territoriales algériennes par des trafiquants tunisiens, qui se sont avérés être des éléments sous les ordres des services de la présidence tunisienne, est encore vivace dans les esprits des populations d'El-Tarf et Annaba. Six kilogrammes seulement de ce poison destiné à la consommation des drogués algériens avaient pu être saisis. Grâce à des renseignements trouvés sur un passeur, conducteur de camion de son état, les gendarmes de la brigade d'El-Tarf démantèleront un réseau composé de 5 individus. Tous ont été condamnés à de lourdes peines de prison fin 2010 par le tribunal criminel de Annaba. Malgré les efforts des services de sécurité dans la lutte contre ce fléau, la consommation et le trafic ne cessent d'augmenter. Cet aspect et celui de l'impact de la consommation de la drogue et des psychotropes sur la santé des habitants, notamment les jeunes, ont été abordés par les praticiens de santé publique, comme le Pr Mohamed Boudef, chef de service à l'hôpital psychiatrique Erazi de Annaba et un des fondateurs du 1er Centre intermédiaire de soins aux toxicomanes en Algérie. «La consommation de la drogue a pris de l'ampleur dans notre pays. La vigilance et la lutte contre ce phénomène s'imposent plus que jamais. Comme s'impose la nécessité de multiplier les centres intermédiaires de soins aux toxicomanes. Cette nécessité a été prise en compte par le ministère de la Santé qui a pris des dispositions pour en réaliser 4 à court terme. D'autres devraient suivre. Les opérations de sensibilisation sur les méfaits de la drogue doivent être permanentes tout autant que la pression sur les trafiquants», a soutenu ce praticien en conclusion de sa pertinente communication sur la dépendance à la drogue. Ancien commissaire divisionnaire spécialiste de la lutte contre la drogue, Tayeb Adjabi poursuit aujourd'hui son combat dans le cadre de sa fonction de président de l'Association des retraités de la police de l'est du pays. Il est la cheville ouvrière de la journée d'information sur la lutte contre la drogue de Annaba inaugurée par Mohamed Ghazi, wali de Annaba, accompagné de nombreux responsables nationaux et locaux de différentes institutions de la République. La célébration de cette journée mondiale est suivie avec attention par les plus hautes autorités de l'Etat. Selon nos sources, plusieurs réunions avaient été provoquées en Algérie à l'initiative de l'OMS dans une démarche tendant à une meilleure collaboration de l'Algérie dans la lutte contre la toxicomanie. C'est dans le même sens que des contacts auraient été récemment entrepris par les responsables du bureau des narcotiques d'Interpol avec leurs homologues algériens. C'est dire que d'un côté comme de l'autre, l'on tente de refermer rapidement, et avant qu'il ne soit trop tard, la porte entrouverte par les trafiquants pour inonder l'Algérie de drogue. Elle a déjà fait des centaines de victimes parmi les toxicomanes dont le nombre ne cesse de croître dans notre pays tout autant que les saisies. C'est pourquoi les participants à la journée d'information sur la toxicomanie de Annaba ont appelé à l'alourdissement des peines de prison contre les trafiquants de drogue.
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