Algérie

Zidane, khaled et Taha

Les kings de Chicago Ils l?attendaient, il est venu. Enfin presque, puisque le footballeur d?origine algérienne, Zinedine Zidane, jouera aujourd?hui à Chicago aux Etats-Unis avec son équipe, le Real Madrid contre celle de Guadalajara la mexicaine. Mais les Algériens des Etats-Unis n?ont d?yeux que pour Zizou. Et ils entendent le lui prouver. Mais combien sont-ils à faire la traversée de l?Atlantique ? Des milliers sans doute, mais seuls quelques-uns sont connus. Prenons l?exemple du chanteur du raï Khaled. Sa réputation l?a précédé. C?est bien le King, et l?ambassade de Jordanie aux Etats-Unis a tenu à lui rendre hommage. En cette soirée de juillet, c?était vraiment la bousculade pour approcher la vedette, poser avec lui, et lui arracher un autographe. Il s?est trouvé que tout le monde connaissait Khaled, avec un monde aux consonances les plus diverses. L?on a même oublié les convenances qu?impose cette cérémonie qui a eu lieu dans l?enceinte de la représentation. Et c?est normal, Khaled accompagné de toute sa famille, comme s?il s?agissait de mettre un terme aux commérages, était aux anges. Il se soumettait de bonne grâce aux contraintes de la notoriété. Et n?allez pas lui rappeler quelques tubes qui ont marqué son parcours. Trig el lissi par exemple. Il doit certainement aimer, parce qu?à son évocation, son visage s?est illuminé. Un bien large sourire l?a marqué. Et ça défile, avec Radwan, Adel, et même Olga et surtout Annie. Ah cette Annie, elle est un peu particulière ! Elle revendique une pluralité culturelle. Née au Maroc, de père britannique et de mère française, elle fait sa vie aux Etats-Unis. Elle ne désespère pas de revenir en Europe. Mais en attendant, elle s?est débrouillée pour avoir le précieux carton qui lui ouvre les portes de la représentation jordanienne. Une privilégiée en quelque sorte. Elle ne voulait pas s?arrêter là. Elle tenait à être photographiée avec le King, décrocher son autographe, et puis quitter Washington aussi vite que possible pour assister le lendemain dans la ville de Chicago à un concert de Rachid Taha, celui qui a revisité la chanson de feu Dahmane El Harrachi, Ya Rayah. Un tube, un vrai. Nous étions présents le 30 juin et le concert en question avait lieu le lendemain. Et dire que beaucoup d?Algériens vivant aux Etats-Unis l?ont raté, faute, semble-t-il, de communication. Autant dire tout de suite que rien ne semble dissuader ces Algériens, surtout pas les distances. Beaucoup d?entre eux ne ratent aucun événement qui les rapprocherait de leur culture d?origine. Merzak nous rappelle comment un jour lui et trois de ses amis sont partis jusqu?à Montréal pour assister à un concert que donnait dans la ville canadienne le maître du chaâbi El Hachemi Guerrouabi. « Cela ne se rate pas », nous dit-il. « Nous avons loué une voiture, et à quatre, cela revient moins cher », et « nous sommes revenus travailler » dès la fin du spectacle, tout cela par route. Et puis quel délice d?entendre nos compatriotes forts de leur culture d?origine, se mettre à celle du pays d?accueil, et même algérianiser certains termes. On avait le sabir, ce mélange entre arabe et français, mais celui qu?ils parlent est vraiment indéfinissable. « Nchoufouk » pour dire « see you » ou encore à plus tard. « Takhoud el haiwi », entendre par là le highway, c?est-à-dire l?autoroute. Et il y en a d?autres qui se conjuguent comme autant de verbes. « Rak tcabi » pour demander si tu es chauffeur de taxi que les Américains désignent sous le vocable de cab. Et son pluriel donne cabab. Que réservent-ils alors à Zizou ? L?intensité de cette attente semble telle qu?elle fait oublier le reste de l?équipe espagnole, laquelle ne manque pas de prestige. Un accueil à l?algérienne nous promet-on.
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