Algérie - MUSIQUE

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Ahmed Kennach, l’un des grands zornadjis, tire sa révérence.

Connu sous le sobriquet de Ahmed Sa’âdji (l’horloger), pour son métier de vendeur et de réparateur de montres, Ahmed Kennach, l’un des grands zornadjis de la scène artistique, vient de nous quitter à l’âge de 78 ans.
Considéré comme l’héritier de l’ancienne tradition, puisqu’il a toujours fait valoir les airs musicaux du patrimoine arabo-andalou et ses genres apparentés, Ahmed Kennach s’était toujours montré opposé aux zornadjis qui introduisent des mélodies hors patrimoine, d’autant qu’il s’enorgueillissait d’appartenir à la lignée des Boualem Titiche, Mohamed Zefouni, Ghergadj, Mohamed Gamba pour ne citer que ceux-là.
Ayant été la coqueluche de la population blidéenne mais aussi algéroise, il faisait le bonheur des fêtes familiales dont il animait les soirées de noces ou de circoncisions. Toujours fidèle à son principe, feu Ahmed Kennach présentait un répertoire riche en morceaux du terroir, notamment les qadriates et autres hwaza, très prisées par les mélomanes et surtout par les chanteurs avec lesquels il animait conjointement les soirées.
Avec son costume traditionnel et sa chechia stamboule qu’il portait inconditionnellement lors des fêtes au même titre que ses percussionnistes, il affichait cet air fier d’appartenir à l’ancienne génération artistique dont il préserve vigoureusement la tradition. D’ailleurs, Dahmane Benachour affectionnait particulièrement ses istikhbarate qu’il jouait avec sa ghaïta notamment le mode «arâq» dont il ne se lassait jamais.
De son vivant, Ahmed Kennach était toujours présent dans sa boutique sise à la placette-El-Arab, transformée aujourd’hui en bijouterie. C’est dans ce magasin qu’il jouait nostalgiquement, à ses heures, les modes arabo-andalous, et qu’il ne se privait pas de souffler dans sa flûte pour ses amis qui lui rendaient visite.
Sa disparition va, vraisemblablement, laisser un grand vide sur la scène de la zorna surtout qu’aujourd’hui, rares sont les zornadjis comme lui qui continuent à jouer la nouba «adjami» dont l’existence remonte à l’ère abasside.