Algérie

Verdict international, entêtement «national»


La Fédération algérienne de football, après avoir tant tergiversé dans l'affaire qui l'oppose au RCK, va-t-elle jouer au fameux «taghenante», cet entêtement national si absurde, en refusant d'appliquer la décision du Tribunal arbitral du sport de Lausanne ?

Les responsables du football algérien, qui se réunissent aujourd'hui pour trancher, seraient bien avisés de mettre un terme à une affaire qui donne d'eux et des structures du football national une piètre image. Continuer à faire les sourds et invoquer une autre variante du rejet de «l'ingérence étrangère» est absurde. Faire partie de la FIFA n'est une obligation pour aucune fédération de football. S'en passer serait se condamner à un splendide isolement. Même des matches amicaux se font sous l'égide de la FIFA. En faire partie, comme c'est le cas de la FAF, implique que l'on accepte ses règles. Accepter et exécuter les décisions du Tribunal arbitral du sport de Lausanne en fait partie.

On peut comprendre que des responsables qui se voient infliger un cinglant désaveu répugnent à obtempérer. Mais y a-t-il de la place pour les ego dans une affaire très mal gérée où, à l'évidence, des considérations extrasportives ont joué pour priver l'équipe de Kouba d'une accession en division Une ? Les dirigeants de l'équipe de Kouba ont utilisé les voies de recours légales qui les ont menés jusqu'à Lausanne où, pour beaucoup, une décision de justice de bon sens a été prise. Il serait malvenu pour les dirigeants de la FAF de faire dans l'excès nationaliste qui, il est vrai, est à la mode actuellement.

Personne n'oublie que les responsables de la FAF ont, à juste titre, reçu un appui décisif de la FIFA dans le bras de fer qui les avait opposés à l'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia Guidoum. Il est bon que ces dirigeants s'en souviennent plutôt que de jouer de manière déplacée sur la fibre nationaliste ou souverainiste. L'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, qui vitupérait contre les « couloirs sombres de Dely Ibrahim », où se trouve le siège de la FAF, avait joué contre eux cette chanson-là. La FAF avait invoqué les règles de la FIFA et l'article 17 de ses statuts pour rejeter l'immixtion des pouvoirs publics dans les affaires de la fédération. Ils ont gagné ce bras de fer. Le RCK a utilisé, à son tour et à bon droit, les mêmes règles de la FIFA pour contester une décision qu'il estimait injustifiée. Le Tribunal arbitral de Lausanne lui a donné raison et les Koubéens sont bel et bien en division Une. Les tergiversations des dirigeants n'y changeront rien.

A moins de devenir « guidoumien » après coup, c'est-à-dire ne plus reconnaître que les règles de la FIFA s'imposent à eux, les responsables du football vont devoir, dès aujourd'hui, prendre les décisions pour la mise en application du verdict du tribunal sportif de Lausanne. C'est le moins qu'ils puissent faire, à défaut de tirer, pour eux-mêmes, les conclusions d'un verdict qui confirme largement que la gestion de l'affaire RCK-USMH a été d'une légèreté scandaleuse.


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