Algérie

Venues de différentes régions

Des légions de mendiantes investissent Oran L’été s’étant bien installé, les voilà qui débarquent pour prendre possession des endroits stratégiques de la ville d’Oran. Venant de l’Est, du centre et des wilayas limitrophes, des légions de jeunes femmes, souvent accompagnées de leur marmaille, ont jeté leur dévolu sur le centre-ville d’Oran. Pour les plus expérimentées, le choix de la zone opérationnelle signifie des recettes plus conséquentes. La plupart du temps jeunes, ces femmes et ces filles qui vous assaillent, à chaque coin de rue font, désormais, partie du décor. A titre d’exemple, l’extrémité de la rue Mohamed Khemisti étant très fréquentée, deux jeunes femmes se la disputent... souvent, à coups de gueule et autres politesses. L’une de ces dames est constamment accompagnée de son dernier rejeton, un bébé qui ne se sépare que très rarement de son biberon. Pour vous forcer à porter la main à la poche, elle vous gratifie d’un large sourire et d’un regard apitoyé qui caresse le petit, tout occupé à rire aux anges. A quelques mètres de là, sur le trottoir du côté opposé, pas loin du CPA, une autre mère vocifère pour éviter à ses deux petits enfants de se faire écraser par l’interminable file de voitures. Ayant apparemment reçu des consignes, les deux garnements courent après les véhicules qui s’arrêtent au stop. Une fois la vitre baissée, vous avez immanquablement droit au traditionnel et énigmatique «sahbi !», aussitôt suivi d’un regard malin en direction de la jeune femme. Souvent, interloqués, les automobilistes évitent de suivre le regard du bambin. Ainsi mis en difficulté, certains tendent une pièce de monnaie au môme avant de repartir en trombe. Ailleurs, du côté d’Air Algérie, à l’extrémité du boulevard Emir Abdelkader, en allant sur la place du 1er Novembre, c’est une vieille connaissance qui trône, depuis de longues années, sur ce point stratégique. Que vous veniez de la poste, de la banque, du marché de la rue des Aurès ou des innombrables cafétérias, vous ne pouvez éviter de passer par là. Arrivés à hauteur d’El-Hadja, confortablement installée, vous êtes interpellés et invités à vous rappeler de vos défunts parents. Conditionnés, de nombreux passants font le geste attendu. Rue Larbi ben M’hidi, à deux pas d’un commerce tenu par des Asiatiques, une autre Hadja trône sur une chaise blanche. Très correctement habillée, elle se contente de pencher la tête du côté droit et pose la main droite, à moitié ouverte, sur le genou. Une fois la coupelle bien garnie, la dame se lève et, accompagnée d’un jeune homme qui suivait de loin ses gestes et signes, elle traverse la chaussée pour rentrer chez elle, quelques mètres de là. Une fois la « mendiante « de l’autre côté de la chaussée, le jeune homme revient sur ses pas et récupère la chaise. A quelques encablures de là, trois autres jeunes femmes se disputent « la clientèle «. Installées de par et d’autre de la porte principale de la BDL du Miramar, elles ne vous laissent pas le temps de réfléchir. Aussitôt sortis de la banque, elles vous assaillent et ne vous lâchent qu’une fois les 10, 20 dinars ou plus passent de votre poche à leurs mains et gare à vous si, par inadvertance, vous leur offrez 1, 2 ou 5 dinars. Dans un tel cas, vous ne devez pas être surpris si vous receviez une rafale de politesses. «Pour qui nous prenez-vous pour nous donner cette misère?!» s’indignent les jeunes femmes, le visage rouge de colère. L’été ayant toujours été la saison chaude, les mendiants qui se respectent ont, eux aussi, droit à une sieste réparatrice avant de reprendre leur besogne. Du côté du magnifique jardin Cayla, de la rue Mohamed Khemisti, trois autres jeunes femmes, règnent, sans partage sur ces lieux particulièrement fréquentés où elles « saignent « les badauds. Au fait, d’où viennent toutes ces jeunes femmes, correctement habillées ? Selon leurs accents, elles nous viennent de l’Est et des wilayas les plus durement frappées par le terrorisme. Qui sont ces jeunes hommes auxquelles elles remettent, de temps à autre, les recettes ? Ne s’agirait-il pas d’une autre forme d’exploitation de l’»homme» par l’homme ? Et ces petits enfants qu’elles exhibent, ont-ils des pères ? Autant de questions qui se bousculent et auxquelles il faudra, un jour, trouver des réponses. A voir toutes ces femmes et ces hommes faire la manche, on se demande si la mendicité a été finalement dépénalisée. Nemili M.
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