Algérie - Revue de Presse

VENTE AUX ENCHÈRES De l?EDIMEL



Les dessous d?une cession Les travailleurs de l?Entreprise de distribution du matériel électronique Edimel (unité de Constantine) ont été surpris d?apprendre, mercredi dernier, par le biais de placards publicitaires parus dans deux quotidiens (Liberté et El Khabar) la mise en vente aux enchères de leur entreprise, sise à la zone industrielle Benbadis à El Khroub, wilaya de Constantine. Une mise en vente ordonnée par le directeur de la Compagnie algérienne de banque (CA Bank), agence de Sétif, conformément à l?ordonnance (n°2593/2004) rendue par le tribunal de Constantine en date du 4 octobre 2004. La décision prononcée en faveur de la banque en question pour les créances contractées par l?Edimel a été la mise en saisie exécutive de l?immeuble avec ce qu?il comprend et s?étend, sis à El Tarf, zone industrielle (Benbadis), daïra d?El Khroub dans la wilaya de Constantine. La superficie de l?entreprise en question est estimée à 98 735 m. Par ailleurs, l?annonce parue précise que l?immeuble (entreprise) saisi sera vendu aux enchères le 21 décembre 2004 à 10 h, au niveau du tribunal de Constantine (section ventes immobilières) et que la somme initiale d?ouverture a été fixée à 9 milliards de centimes. Les travailleurs surpris d?abord de n? être pas au courant des cette décision qui remonte tout de même à deux mois (4 octobre 2004), s?insurgent contre cette opération de bradage qui ne dit pas son nom et se posent des questions légitimes sur les tenants et aboutissants de cette affaire . Ces derniers, dont les délégués nous ont fait part de leurs appréhensions et leurs craintes mettent en index le mutisme du holding en charge dirigé, par A. Bouchouareb, ainsi que le CPE, et doutent de la volonté des responsables, particulièrement le gouvernement à trouver une solution à ce problème. « On comprend qu?ils veuillent se débarrasser d?une entreprise publique déficitaire, mais on a le droit de demander ce qu?il adviendra de nous si le nouveau propriétaire décide de fermer l?entreprise, car nous pouvons perdre tous nos droits au lendemain de la vente aux enchères », lancera M. Bouakaz, secrétaire général de la section syndicale. L?Edimel, qui existe depuis plus d?une trentaine d?années qui emploie actuellement plus de 120 personnes au niveau de l?unité de Constantine, souffre depuis plusieurs années de la mauvaise gestion des responsables qui se sont succédé à sa tête, notamment les contrats douteux que l?entreprise a eu à effectuer avec certains fournisseurs ou clients. Nos interlocuteurs (syndicalistes et délégués des travailleurs) nous avoueront que l?entreprise détient des créances de l?ordre de 120 milliards de centimes « dont 70%, soit près de 84 milliards n?est pas prête de revenir et s?est définitivement volatilisée, car elle concerne des contrats douteux engagés avec des escrocs notoires. Les 30% restants, soit 36 milliards, l?entreprise les récupère grâce à des opérations de troc contre des produits divers ». Les travailleurs nous montreront, à cet effet, des petites horloges à deux sous ou encore de la verrerie d?une qualité douteuse que des « clients » échangent en somme équivalente contre des appareils électroménagers de qualité. C?est le cas des petites horloges facturées à 750 DA alors qu?elles ne coûtent réellement que 200 à 300 DA. Les exemples de ce genre d?escroqueries sont légion, comme le cas des chaînes Hi-fi facturées à des milliers de dinars et qui ne comportent même pas de lecteurs CD, alors que cette option est mentionnée sur les factures. Une situation qui a poussé l?entreprise à contracter des dettes et aboutir à cette situation. Elle sera finalement cédée ou bradée c?est selon, à quelques millions de centimes, alors qu?elle en vaut dix fois plus. Nos interlocuteurs nous révéleront par la même occasion qu?une récente expertise estime la valeur de l?entreprise à 116 milliards de centimes, soit dix fois plus que la somme initiale d?ouverture de la vente aux enchères, qui est de l?ordre de 9 milliards de centimes. Les travailleurs attendent le retour du directeur de l?unité qui était en mission à Alger pour lui demander des explications et connaître le sort qui leur a été réservé. Ces derniers voudraient, entre autres, comprendre dans quelles conditions a été hypothéquée leur unité.


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