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Une législature des plus décrédibilisées MANQUE D'INITIATIVE, NOMADISME, AGRESSION DE JOURNALISTES...



Une législature des plus décrédibilisées MANQUE D'INITIATIVE, NOMADISME, AGRESSION DE JOURNALISTES...
La prestation des deux cham-bres du Parlement est des plus lamentables. Quand le monde de l'informel et du bazar se mêlent au monde politique, il n'y a rien à espérer. Pour cause, de toutes les législatures, la septième est sans doute la plus contestée. Mal élue lors des législatives de mai 2010, elle se caractérise aussi par une forte atomisation de la représentation politique (462 députés pour environ une cinquantaine de partis). De plus, le paysage politique de l'APN n'est pas figé pour autant. Le nomadisme politique a fait des ravages. Des partis qui n'ont pas participé aux élections se retrouvent dotés de groupes parlementaires. Des dizaines d'élus ont changé de chapelle depuis le début de la législature... Le nomadisme n'est pas le seul facteur porteur de confusion. Il y a aussi le phénomène de dissidence et de division. L'Alliance de l'Algérie verte (AAV) dont le Mouvement de la société pour la paix (MSP, d'obédience Frères musulmans) et le chef de file, comptait officiellement près d'une cinquantaine de députés, mais, dans les faits, une dissension interne, a diminué son groupe parlementaire d'une quinzaine d'élus ayant rejoint le TAJ de Amar Ghoul. Ce n'est toutefois pas le seul «vice politique» qui a fait de l'APN l'objet de diverses critiques et reproches. Dominée par la majorité accaparée par le duo FLN-RND avec 300 députés sur 462, la chambre basse n'est qu'une simple caisse de résonance, une machine à faire passer les décisions et projets de loi du gouvernement comme des lettres à la poste. Si bien que le Parti des travailleurs (PT, de Louisa Hanoune), n'a jamais cessé de revendiquer la dissolution de l'APN. On reproche également à l'institution que préside Larbi Ould Khelifa, d'abord, l'absentéisme des députés, qui donne l'image déplorable d'un hémicycle aux trois quarts vide au cours des sessions de la plénière. L'autre grief adressé à l'actuelle législature est lié à son côté factice, avec notamment le quota accordé aux femmes. Par ailleurs, avec une rémunération plusieurs fois supérieure au Salaire national minimum garanti (Snmg), les députés évoquent la catégorie socioprofessionnelle privilégiée. Utilisée comme un fonds de commerce, l'APN ne bouge que sous les directives de l'Exécutif. Les initiatives de propositions de lois pour l'intérêt général ou d'une catégorie lésée, sont très rares pour ne pas dire inexistantes. L'image de cette assemblée déjà écornée, le sera d'avantage avec les cas d'agressions commises contre les journalistes à l'intérieur de l'hémicycle. A cela s'ajoutent les dossiers de l' incompatibilité parlementaire restés encore suspendus au niveau des deux chambres. Prenant la défense de ses députés, M.Ould Khelifa a souligné avant-hier dans un entretien accordé au quotidien El Khabar que «les parlementaires ne perçoivent pas leurs primes». Et de poursuivre: «Le salaire perçu par les membres de l'APN n'est d'aucune commune mesure avec les traitements touchés par leurs pairs à l'étranger.» A titre de comparaison, il cite que «le salaire brut d'un député congolais est fixé à 9985 euros, marocain à 8000 euros, français à 7100 euros...etc». Même «l'absentéisme reproché aux parlementaires algériens n'est pas spécifique à l'Algérie», estime-t-il.


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