Les réformes proposées par le président de la République ne font pas l'unanimité au sein de la classe politique. Elles ne sont pas perçues de la même manière dans le même parti. Les débats ont lieu et des échanges parfois vifs se font entendre. C'est le premier signe de bonne santé démocratique. Au-delà de la qualité des débats et des orientations de chaque député, les avant-projets de loi montrent qu'une nécessaire remise à plat de l'arsenal juridique et du fonctionnement de la démocratie algérienne étaient nécessaires. La classe politique était ankylosée par le poids de la majorité présidentielle. Quelques voix pouvaient se faire entendre ici et là mais pour l'essentiel la discipline partisane était la règle. Le principal enjeu mis en exergue par tous les partis est la règle du tiers de femmes dans les assemblées. Une règle décriée par la majorité des intervenants. Une peur qui démontre la faiblesse de l'ancrage des partis dans la société. Il est évident que seulement une ou deux formations pourront atteindre le quota exigé mais pas dans toutes les communes.Les femmes font de la politique comme elles le sentent. Dans les associations et syndicats, les femmes sont plus nombreuses que dans les partis. Cela démontre que le militantisme ne fait pas peur à la gente féminine. Le rejet de l'action partisane par les femmes est dû au comportement machiste des dirigeants et souvent au harcèlement qu'elles subissent de la part des militants. Souvent, et cela n'est pas propre à la société algérienne, une femme engagée est considérée comme une femme libre et par conséquent libertine. Ce raccourci mental oblige la femme à quitter la sphère publique et réduit, par conséquent, la qualité des débats.La règle du tiers, si elle venait à être adoptée, va bouleverser totalement les pratiques dans le fonctionnement des partis d'abord et la société algérienne par la suite. La féminisation de la classe politique induira de fait un changement radical dans la composante de la classe politique. Il s'agit de milliers de nouveaux visages qui investiront la place. Une situation inédite de par le monde si l'on exclut le cas du Rwanda.La société ne semble pas avoir encore pris la mesure de ce mini-tsunami politico-social. Les Algériennes ont reçu le plus beau des cadeaux de ces réformes. Les discours et les actes des partis seront nécessairement différents. Le regard des hommes également. Un tiers d'élues et le pouvoir bascule. Pour ceux qui voulaient un changement radical, il est en route.
A. E.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine Echikr
Source : www.latribune-online.com