Algérie

Un soutien appuyé de George Bush à l’Algérie et à Bouteflika

«Vous êtes de véritables alliés» Le président américain, George W. Bush s’est fendu, mercredi dernier, d’un véritable «coup de cœur» à l’égard de l’Algérie qu’il considère comme un «véritable allié». Dans un message qu’il a adressé à son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion de la célébration de la fête nationale de l’indépendance, le patron de la Maison-Blanche considère l’Algérie comme un «véritable allié» dans la lutte contre le terrorisme et que cette dernière possédait, d’après lui, «un énorme potentiel».Il est rare en huit années de pouvoir que Bush tienne des propos aussi élogieux vis-à-vis de notre pays, à part son fameux «je veux travailler avec vous», qu’il a adressé à Bouteflika en 2002 à Washington. Mais là, Bush a sorti ses belles formules pour restituer la place réelle de la relation entre son pays et l’Algérie. «Les Etats-Unis d’Amérique considèrent l’Algérie comme un partenaire-clé, aujourd’hui et demain», a-t-il ajouté dans un message de félicitations adressé au président Abdelaziz Bouteflika. Il est évident que ce message du président américain va au-delà de son administration, puisqu’il fixe le cap de «demain». Il faut reconnaître que George Bush a, cette fois, forcé la dose dans l’éloge, contrairement à son habitude, lui dont l’esprit est plutôt tourné vers l’Orient... «J’apprécie votre leadership et nous attendons avec intérêt de travailler avec vous pour construire une région nord africaine intégrée, démocratique et prospère», a-t-il dit également en présentant ses meilleurs vœux et ses félicitations «au nom du peuple américain à Abdelaziz Bouteflika et au peuple algérien». C’est quelque part un message politique d’un président qui s’apprête à quitter le bureau ovale en voulant le faire sur un bon point. George Bush qui a fait de la lutte contre le terrorisme son cheval de bataille pour la conquête du monde, apprécie sans doute la coopération d’Alger dans ce domaine d’autant plus que sa position géographique fait d’elle un partenaire stratégique dans la lutte contre les éléments d’Al-Qaïda dans la sous-région du Maghreb et du Sahel. Le fait que Bush fasse les yeux doux à Alger peut être interprété comme une volonté de remercier notre pays pour le rôle qu’il joue dans la région, mais surtout comme un signe d’une relation plus poussée à l’avenir. Le fait est que les bons points de Bush à l’Algérie concernent exclusivement la lutte antiterroriste confirme que le pragmatisme américain est sauf. C’est à peu près le même discours, avec un peu plus d’accent, tenu par sa secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Mme Condolezza Rice, le 21 mai dernier dans un message adressé à l’occasion de l’ouverture du nouveau siège de l’ambassade américaine à Alger. Mme Condolezza Rice avait, en effet, affirmé qu’en 2008 l’Algérie était «championne» de la sécurité régionale et internationale et «un leader reconnu en Afrique du Nord et au-delà», dans un message lu par l’ex-ambassadeur, M. Robert S. Ford. Et d’ajouter qu’«incon-testablement», l’Algérie a acquis une grande expérience en matière de lutte antiterroriste au bout de 15 années de confrontation sur le terrain avec les groupes armés. Mme Rice pense qu’»aujourd’hui, nous pouvons apprécier le chemin parcouru par l’Algérie depuis qu’elle a émergé en tant que nation indépendante». Autant dire qu’il y a une nouvelle tonalité dans le discours de l’administration américaine à l’égard de l’Algérie. Et les autorités algériennes vont, sans doute, apprécier ce bon discours de l’oncle Sam qui intervient à quelques mois de la présidentielle de 2009. Le message de Bush peut s’interpréter, en effet, comme un quitus à la politique étrangère de Bouteflika. Curieuse coïncidence, les déclarations de George Bush sont suivies de celles du Pentagone annonçant que les Etats-Unis ont transféré deux détenus du centre de détention de Guantanamo vers l’Algérie dans un communiqué, rendu public, également, mercredi dernier. Et de préciser que plus de 65 détenus attendent encore leur transfert vers leurs pays d’origine, a précisé encore le Pentagone, soit pour être libérés soit pour continuer à y purger leur peine de prison. Cette mesure pourrait signifier que le contentieux entre les deux pays sur le sort des 17 Algériens internés à Guantanamo est en passe d’être résolu. Il est difficile, en effet, de ne pas y voir une nouvelle opération de charme des USA envers l’Algérie à travers ces trois faits diplomatiques. Mais au-delà des calculs stratégiques des spins doctors de la Maison-Blanche, les dividendes politiques en Algérie ne sont pas négligeables. A quelques semaines, peut-être même quelques jours, de l’annonce de la révision de la constitution, ce satisfecit de la première puissance mondiale n’est certainement pas de trop...   Amine Makri
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