Algérie

Un rapport fait par des Arabes pour des Arabes

Lors d?une récente rencontre avec la presse à Paris, concernant la présentation du rapport 2004 du PNUD sur les droits humains dans le monde arabe, Mohamed Charfi (Tunisien), professeur à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, Abdelwahab Rezig (Algérien), directeur du centre du développement nord-africain CEA/ONU, tous les deux membres du conseil consultatif pour la rédaction du rapport, et Oscar Fernandez-Tarasco, du bureau régional du PNUD pour les Etats-Unis, ont fait part, en matière de droits humains et de démocratie dans les pays arabes, de trois déficits-clés : les libertés, l?autonomie des femmes et le savoir, après avoir souligné que ce rapport vise à créer les conditions d?un débat ouvert. Les observations américaines ont-elles été prises en compte ? a-t-il été demandé aux conférenciers. Ces derniers ont précisé que « c?est un rapport fait par des Arabes pour des Arabes ; les auteurs sont indépendants des gouvernements et des partis politiques ». « Les recommandations qu?il contient sont formulées par des intellectuels arabes. » Mohamed Charfi a ajouté que « le rapport a été l?objet d?un consensus entre les experts et intellectuels sollicités par le PNUD ». « Nous avons bénéficié d?une grande liberté pour concevoir ce rapport. Ce qui n?empêche pas qu?on puisse recevoir des remarques sur la forme, la présentation des paragraphes. Nous n?avons renoncé à aucune de nos idées essentielles. Nous avons dit ce que nous voulions. » « Les forces extérieures rejoignent les démocrates arabes. Le rôle de l?extérieur doit appuyer les démocrates arabes et non les remplacer. » Abdelwahab Rezig a souligné, pour sa part, que l?équipe qui a rédigé le rapport a retenu deux critères : « la réforme du monde arabe doit provenir du monde arabe et la prévalence d?un esprit critique. Les bonnes et mauvaises expériences ont été relevées. » Mohamed Charfi appuie son collègue algérien : « Nous avons essayé de décortiquer les mécanismes juridiques par lesquels des gouvernements violent les principes constitutionnels. La démocratie, c?est quand un juge est libre sans avoir besoin d?être un héros, sans mettre sa vie en danger. » Abdelwahab Rezig souligne qu?« il y a des expériences de démocratisation qui méritent d?être prises en considération ». Il donne l?exemple des dernières élections en Algérie, en Palestine, la réforme du code de la famille au Maroc. « Ce sont des éléments d?espoir », ajoute l?universitaire algérien.
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