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Une grande inquiétude règne dans les milieux politiques et parmi les observateurs et experts politiques par rapport à la faible affluence notée dans les inscriptions sur les listes électorales, en vue des élections législatives et présidentielle, prévues en novembre et décembre prochains.En effet, depuis plus de deux semaines après leur démarrage, le 23 juin dernier, la commission électorale n'a inscrit jusqu'à présent que 100 000 électeurs sur un total de plus de 5 millions de personnes ciblées par les opérations d'inscription dont la fin est prévue le 22 juillet courant, courte période qui coïncide avec le mois de Ramadan.Les milieux politiques, de même que la haute commission électorale, craignent un désintéressement des populations, ce qui risque de 'ternir les fondements fragiles' de la démocratie dont la réussite en Tunisie est souhaitée aussi bien localement que sur le plan international, pour donner une autre image que celle qui a prévalu jusqu'à présent dans les pays du 'printemps arabe'.Les partisans de la réussite de cette opération insistent sur la nécessité d'une importante participation aux prochaines élections afin de barrer la route aux courants religieux extrémistes qui voient dans le système basé sur la démocratie comme 'une simple invention occidentale' destinée à pérenniser sa domination du monde.Selon les chiffres fournis récemment par un sondage, 57% des Tunisiens n'accordent aucune importance aux prochains scrutins, alors que 71% marquent un manque d'intérêt pour les inscriptions. Ces taux sont enregistrés dans les quartiers et régions pauvres du pays.A ce propos, le président de l'association tunisienne du droit constitutionnel, Farhat Horchani estime que 'la non-participation aux prochaines élections va faciliter la tâche aux 'ennemis de la Tunisie' de bloquer le processus de transition démocratique et de plonger le pays dans une anarchie permanente'. Il a exprimé son dépit par rapport à la lenteur notée dans les inscriptions sur les listes électorales.De son côté, le chef du Parti le Congrès pour la République, Samir Ben Omar, a tenté de donner les raisons de cette situation en affirmant que cela est dû notamment au règne pendant trois ans, d'une vie politique pleine de débats stériles. Il a aussi noté l'existence d'une opération méthodiquement instaurée pour saboter le travail politique et les institutions issues des élections du 23 octobre 2011, ce qui a poussé le citoyen à rechigner à participer dans les activités politiques.Mais la réalité est autre et se trouve dans plusieurs facteurs dont le plus important est lié à la situation économique difficile, marquée par la détérioration de la vie de la majorité des catégories populaires.D'autres facteurs sont aussi à la base de cette situation parmi lesquels on peut citer les problèmes sociaux et sécuritaires aigus provoqués par les partis qui ont pris le pouvoir après la chute du régime de Ben Ali.Tous ces facteurs sont les principales causes de la crise de confiance qui prévaut présentement dans le pays entre le citoyen et les partis politiques qui rivalisent sans disposer de programmes clairs et de vision politique convaincante. Ces partis sont, tous, motivés par des intérêts partisans étroits au détriment des préoccupations et des aspirations des populations.Les hommes qui se proposent pour diriger le pays, n'ont pas non plus de réponses convaincantes ni de programmes ou plans clairs susceptibles de sortir le pays de la crise actuelle et de faire face au phénomène du terrorisme, devenu une obsession inquiétante pour les Tunisiens.S'y ajoutent l'éclatement des partis politiques, l'anarchie dans les médias et la léthargie dans laquelle se débattent les institutions gouvernantes. Tous ces facteurs ont découragé les citoyens des activités politiques. Ils auraient même, selon certains journaux, regretté l'ancien régime tellement ils sont déçus par les politiques actuelles du pays.Plusieurs experts ont aussi noté pour les déplorer les manquements chez la haute commission électorale qui n'a pas mené de campagnes de sensibilisation pour amener les citoyens à s'inscrire massivement sur les listes.Pour sa part, le journal 'al-Chourouk' estime que la situation est de la responsabilité des élites politiques qui sont complètement coupées des bases populaires, de leurs préoccupations et de leurs aspirations.L'absentéisme noté lors des élections de 2011 au cours desquelles quatre millions sur les cinq millions d'électeurs n'avaient pas voté, est encore présent dans les esprits.Les observateurs craignent aussi le boycott des listes par les 800 000 jeunes qui viennent d'atteindre l'âge du vote.Pourtant, de nombreuses voix essayent de minimiser l'importance de la non- inscription sur les listes électorales. Elles viennent essentiellement des partis qui trouvent dans le faible nombre d'inscrits, une aubaine qu'ils vont exploiter lors des scrutins grâce aux cellules dont ils disposent et à une meilleure organisation de leurs partisans à travers le pays.


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