Algérie - Revue de Presse

TRO. prince et corsaire de NOMAD EL ARTE



Tout en vivacité L?opéra fantaisie Prince et Corsaire, joué ces jours-ci au théâtre Abdelkader Alloula, ne se raconte pas. Le spectacle se vit. Dès le départ, la compagnie Nomad El Arte, nous convie à un long voyage en Méditerrannée. La galère est plutôt joyeuse. Les haltes en principe tumultueuses sont ponctuées de danse et de chants effrénés que savent entretenir des musiciens, partie prenante dans la réalisation de la communion. En effet, l?idée de faire collaborer sur la scène du TRO des artistes des deux rives de la mer Méditerranée fut sans conteste une belle expérience. L?intention est plus que louable. Les 27 comédiens danseurs et fantaisistes sont volubiles dans le jeu, ardents dans le rythme et enthousiastes dans la réplique. Ils jouent et « s?amusent » avec un plaisir évident. Leur moyenne d?âge n?excède pas 20 ans. 20 ans pour dire sa vitalité sur une scène entièrement acquise aux légendes des seigneurs des mers, aux airs populaires méditerranéens et à la drôlerie des saltimbanques. Sans avoir l?ambition de la grande ?uvre, Prince et Corsaire (c?est peut-être cela sa force ou encore son originalité) est conçu, imaginé et interprété pour séduire ; et le résultat est largement probant. La fusion avec le public est immédiate, sans calcul et sans retenue. Elle confirme surtout la présence d?une généreuse pépinière de jeunes acteurs et chanteurs oranais qui ne demandent qu?à explorer leur talent. La synthèse entre le chant du terroir, la comédie peinte aux couleurs de la légende, la danse gitane et l?humour populaire, est un délicieux - et détonant - mélange de modes de vies, de rites, de gestes abondants et d?histoires tumultueuses. La saveur était au bout du mot chez cette jeunesse fougueuse qui ne demandait qu?à divertir et se divertir, sainement avec au besoin un sens élevé de la fête. Réuni dans la même passion par Françis-Alfred Moerman, avec la précieuse aide du Centre culturel français d?Oran dans tous les sens du terme, le collectif artistique oranais Mosaïque, à plus d?un titre, a surtout montré qu?il était possible d?exhiber des ?uvres de grande fraternité pour peu que les passerelles de sens et de communauté soient élargies entre les artistes de tous bords et de toutes les nationalités. A ce titre, l?initiative transculturelle oranaise est riche de possibilités. C?est ce qui fait l?intérêt de cette truculente ?uvre, gorgée de spontanéité et de naïveté juvénile et d?affectueux espoirs. Une ?uvre signée dans sa partie mise en scène par Ameur Ikhlef et dans son versant musical (ch?ur et orchestre) par Mostefa Aribi. Bon vent pour ce divertissement pittoresque.
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