Partons de deux observations préliminaires : le monde arabe est riche
en devises. L'exportation de pétrole et de gaz lui permettent d'acheter
des biens d'équipement pour lancer cette industrialisation, qui lui
manque et dont l'absence est ressentie comme élément fondamental de
son sousdéveloppement
et de son retard économique par rapport à
l'Occident. Il y a donc possibilité objective de résoudre le sousdéveloppement
au moins dans la mesure où la contrainte de la balance
commerciale et, plus généralement, dans la mesure où la contrainte de
l'accaparement de la plusvalue
par les pays impérialistes sont levées.
Néanmoins, la richesse en devises ne conduit pas nécessairement au
développement. Bien au contraire, c'est l'aisance financière qui peut
inciter à l'illusion que le développement industriel peut s'acheter. Or, le
développement réside dans l'épanouissement des forces productives.
Les forces productives, c'est la capacité des hommes producteurs à
maîtriser la nature. La production industrielle est caractérisée par
l'application de machines pour élever la productivité du travail. La
construction de machines dépend, malgré la révolution électronique, de
la capacité de transformer des métaux. Toute machine est un
agencement de pièces métalliques. La microélectronique
s'y ajoute,
mais ne remplace pas les pièces métalliques. A fortiori, toute machine
destinée à la fabrication de machines est composée par des pièces
métalliques pour travailler des pièces métalliques. Il n'y a donc pas
d'industrie de machines sans travail des métaux.
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Posté par : einstein
Ecrit par : - Hartmut Elsenhans
Source : Les cahiers du CREAD Volume 0, Numéro 4, Pages 63-96 1984-12-19