Algérie

Trafic de drogue : Les narcotrafiquants veulent «cultiver» la cocaïne en Algérie

A l'initiative de l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT) et en collaboration avec le groupe Pompidou du Conseil de l'Europe, deux journées d'études sont organisées à partir d'hier, sur la lutte et la prévention contre le trafic de drogue.

Plusieurs pays, notamment la France, le Portugal, la Tunisie, le Liban, l'Espagne et... le Maroc, participent à la rencontre organisée au cercle militaire de Béni-Messous à Alger. De nombreux experts nationaux et étrangers ainsi que des magistrats, des médecins et des éléments de la police et de la gendarmerie étaient conviés à prendre part à l'événement, pour essayer de cerner le phénomène du trafic de drogue dans le pourtour méditerranéen et dans le monde. Lors de son allocution d'ouverture, le directeur général de l'ONLCDT, Abdelmalek Sayeh, a tiré carrément la sonnette d'alarme. Il a souligné que notre pays est de plus en plus convoité par les narcotrafiquants qui voudraient, d'après des renseignements en sa possession, cultiver la cocaïne en Algérie pour la transférer vers la rive nord où le marché a littéralement explosé.

Pourquoi la cocaïne ? Sachant que nombre de pays européens tolèrent la consommation du Cannabis (appelé drogue douce), les consommateurs accrocs de la substance dans ces pays sont en parallèle de plus en plus nombreux à verser dans la drogue dure, en particulier la cocaïne.

«C'est un marché qui représente plusieurs centaines de milliards d'euros», a déclaré hier, M. Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie en France, en soulignant qu'il faudrait absolument mettre en place des dispositifs à même de saisir cet argent détenu par les trafiquants de drogue. « En France, il existe un véritable tsunami de la cocaïne », a-t-il avoué en avertissant, par ailleurs, que d'ici une dizaine d'années, l'Algérie sera également touchée par la vague et par cette «épreuve de synthèse».

Etienne Apaire qui n'a pas cité le Maroc, en sa qualité de principal producteur de Cannabis dans la région et dans le monde, a fait savoir que les pays du pourtour de la Méditerranée sont condamnés à travailler et à lutter ensemble contre les réseaux de trafiquants de drogue.

«Le temps joue contre nous», a-t-il ajouté en précisant, que cette lutte ne doit pas seulement s'arrêter à la répression, mais également être suivie d'un travail de prévention. Pour Etienne Apaire, la logique nationale dans la lutte contre le trafic de drogue doit être abandonnée au profit d'une stratégie globale, régionale et mondiale.

C'est le moyen efficace, a-t-il poursuivi, pour défendre la Méditerranée contre le phénomène, mais aussi les paradis fiscaux qui renferment l'argent de ce trafic. A noter que les deux «Journées d'études sur l'application de la loi N°18-04 du 25 décembre 2004, relative à la prévention et à la répression de l'usage et du trafic illicites de drogue et de substances psychotropes», seront l'occasion de profiter de l'expérience des pays participants dans leur lutte contre le trafic de drogue. Plusieurs communications sont programmées durant la rencontre qui a vu hier la participation de quelque 225 personnes.


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