Algérie

Tout en préconisant la cession des terres agricoles aux fellahs

Ouyahia écorche les ministres FLN Patiemment mais résolument, le SG du RND, Ahmed Ouyahia, continue son travail de sape à l’endroit du FLN et de ses ministres candidats. Après avoir égratigné le ministre de l’Agriculture, Saïd Barkat, et son programme agricole, le PNDRA, l’ancien Chef du gouvernement s’en prend ouvertement au ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, le Dr Ould Abbès, qu’il accuse de décourager les nombreux porteurs de projets. Le SG du RND a relevé à cette occasion les «tracas et les lenteurs» dans les différents dispositifs de l’emploi des jeunes, «au point de décourager de nombreux porteurs de projets». Il a critiqué également les mesures prises en faveur des plus démunis, notamment le couffin du ramadhan et l’aide à la scolarisation qui «mobilisent des enveloppes considérables, ne profitant pas toujours aux destinataires légitimes». En un mot, le SG du RND accuse sans le nommer le Dr Ould Abbès d’incompétence ou de détournement de deniers publics. Cette pique à l’adresse du ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale s’adresse également au Chef du gouvernement et SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem. Ahmed Ouyahia, qui continue inlassablement d’exposer les principaux axes des 140 propositions de son parti pour le «développement global de l’Algérie», a porté son désaccord profond avec le SG du FLN sur la question de la concession des terres au profit des fellahs. Ouyahia promet, en effet, la «régularisation des agriculteurs par la remise d’arrêtés leur reconnaissant leur qualité de fellahs», afin de pallier, a-t-il dit, «les problèmes de jouissance des terrains liés au foncier agricole, en leur facilitant les procédures d’octroi de crédits pour leur permettre d’investir et de participer ainsi, par leur production, à l’autosuffisance alimentaire, particulièrement en matière de lait et de céréales pour lesquels le pays reste dépendant». Ce point très sensible au demeurant mais qui reste encore en suspens du fait du silence du président Bouteflika sur cette question est remis sur le tapis par Ouyahia qui tend à marquer désormais sa différence avec le FLN. Le parti majoritaire est demeuré réfractaire à toute proposition permettant aux paysans algériens de jouir des terres agricoles appartenant à l’Etat. Ouyahia a aussi mis en garde contre le fait de «compter totalement» sur les hydrocarbures qui risquent, selon lui, de «compromettre l’avenir des générations montantes». Le secrétaire général du RND, qui n’a pas manqué de valoriser le programme du président de la République, a toutefois averti que l’action du chef de l’Etat «ne peut être efficiente que si elle est convenablement accompagnée» et qu’elle fait l’objet de «l’intérêt de chacun et d’un travail sérieux sur le terrain», mettant ainsi en doute la capacité de l’actuel Chef du gouvernement à concrétiser sur le terrain les orientations du président Bouteflika. Il en rajoutera une couche lorsqu’il déclare qu’»en entrant dans l’économie de marché, il faut laisser de côté la culture des slogans, jouer l’initiative et la compétition, à l’intérieur et à l’extérieur». Le SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a quant à lui affirmé que le FLN accordera une grande attention au cours de la prochaine législature au secteur de l’agriculture, à travers la mise en valeur des terres et le désenvasement des barrages pour «garantir un potentiel hydrique d’irrigation des cultures et d’alimentation en eau potable» ainsi que son intérêt pour le développement du monde rural, à la promotion du produit agricole et au renforcement du tissu industriel national pour limiter la dépendance des revenus des hydrocarbures. Il indiquera, par la suite, que le FLN «se porte bien» avant d’appeler à «consolider ses réalisations, notamment dans les domaines de la réconciliation nationale, le développement du pays et la stabilité qui a permis au peuple de recouvrer la paix». Pour cela, il faudrait, selon lui, «poursuivre le processus de développement, sans marginalisation ni exclusion», surtout que l’Algérie, a-t-il dit, «a souffert, dans le passé, des conditions imposées par le FMI et le manque de ressources financières». Mais avec le recouvrement de la stabilité et de la paix, ainsi que la croissance enregistrée par plusieurs secteurs, il terminera par cette sentence en affirmant que la situation en général «s’est, nettement, améliorée». Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Aboudjera Soltani, très en retrait jusqu’à aujourd’hui par rapport au duel à distance que se livrent les deux dirigeants de l’Alliance présidentielle, est enfin sorti de sa léthargie pour renvoyer dos à dos ses deux alliés de la coalition présidentielle, le FLN et le RND, en déclarant que «ceux qui ont gouverné l’Algérie depuis son indépendance doivent rendre des comptes au peuple algérien». Il a aussi tenu à se démarquer de leurs discours respectifs en affirmant que son parti a toujours «tenu les engagements pris envers les citoyens là où la confiance lui a été accordée par les citoyens». Aboudjera Soltani ne désespère pas d’arriver un jour à la plus haute marche du podium en estimant «qu’en 2012, l’Algérie basculera du régime de la révolution à celui de la société». Le leader du MSP, a plaidé pour un nouveau découpage territorial basé sur le développement et l’investissement, indiquant dans la foulée que ce découpage doit porter sur la création de nouvelles wilayas afin de répondre aux «spécificités économiques de chaque région». Le seul représentant du front démocratique qui possède toutes les chances d’entrer dans le futur Parlement algérien, le RCD de Saïd Sadi, a présenté quelques-unes des «100 propositions» de son parti, dont celle relative à l’attribution d’une allocation aux chômeurs leur «garantissant une existence digne» dans le cadre d’une nouvelle politique de l’emploi et de prise en charge des chômeurs. Il a appelé à la publication périodique des comptes des grandes entreprises publiques «en vue d’une plus grande transparence et d’un meilleur contrôle». Saïd Sadi a insisté sur «la constitutionnalisation de la mission éducative et la révision des programmes d’enseignement pour ne pas mettre en jeu l’avenir des générations futures». Outre la professionnalisation de l’Armée nationale populaire et la réduction du service national à 6 mois, le leader du RCD a aussi plaidé pour la «réactivation du projet de la route transsaharienne». La Première dame du PT, Louisa Hanoune, qui continue de s’opposer à toute forme de privatisation des entreprises publiques, a estimé que «la privatisation porte atteinte à l’emploi et aux droits fondamentaux des travailleurs». Evoquant l’économie de marché, Louisa Hanoune a souligné qu’une telle option «ne doit, aucunement, impliquer l’anéantissement des secteurs stratégiques et des mécanismes de production nationale». Elle a rappelé que son parti propose l’utilisation de la plus-value, constituée par les recettes pétrolières, dans la loi des finances qui se base sur un baril à 19 dollars. Pour Hanoune, cet argent couvrira les salaires impayés de 20.000 travailleurs mis au chômage, et sera destiné à la construction de logements, ou encore à la mise en place d’une véritable politique sociale, éducative, de santé et d’émancipation des mères et des enfants. La responsable du parti dénonce au passage le «déséquilibre entre les rémunérations des cadres nationaux et celles des étrangers opérant dans notre pays». La venue de sociétés étrangères n’est pas, selon elle, «un passage obligé» qui opte pour «des solutions nationales, en toute souveraineté». Mme Hanoune se dit favorable à «l’unité nationale et à la régionalisation» qui permettra d’impulser le développement et de créer des milliers d’emplois nouveaux. Le président du Parti socialiste des travailleurs (PST), Chawki Salhi, emboîte le pas à Louisa Hanoune et réaffirme son «rejet de la politique de privatisation des entreprises publiques». Salhi a appelé, à lutter «pacifiquement pour exiger le rejet de la politique de privatisation des entreprises publiques». Le président d’En-Nahda, Fateh Rabiaï, a indiqué que si les députés de son parti sont élus, «ils oeuvreront à la création d’une instance nationale spécialisée dans la lutte contre la corruption». Rabiaï a affirmé que cette instance sera «protégée contre les pressions de toutes les parties, quelle que soit leur puissance». Pour le leader d’En-Nahda, la corruption est un mal qui est en train de «tuer l’espoir du peuple algérien», lequel, a-t-il commenté, «est démoralisé par les informations rapportées par la presse nationale concernant les nombreux scandales». Le président d’En-Nahdaa a lancé un appel aux candidats des autres partis politiques (FLN, RND et MSP) occupant les fonctions de ministres, «pour cesser d’utiliser les moyens que leur procure leur fonction à des fins électorales, ce qui est en contradiction avec les dispositions réglementaires interdisant ces pratiques». Saïd Farhi
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