Algérie

Tlemcen : Ces citoyens qui ne partent pas en vacances !

Tlemcen : Ces citoyens qui ne partent pas en vacances !
Partir en vacances en cette période de vaches maigres est loin d’être un projet aisé : la bourse du citoyen s’est dramatiquement rétrécie. «Se payer une villégiature aujourd’hui, c’est comme courir après sa perte expressément !» Une déclaration qui sonne comme une sentence dans une wilaya regorgeant de sites historiques et de stations balnéaires. Abdallah Lalem, conseiller pédagogique dans un centre de formation et d’apprentissage, ne croit pas si bien dire.

Les Tlemcéniens, connus surtout pour leurs vacances en terre ibérique, notamment Benidorm, tempèrent leur ardeur : «J’ai un salaire de 60 000 DA et, avec cette somme, j’ai du mal à nourrir décemment ma famille composée de six membres. Quant à partir en vacances, ce n’est jamais un projet pour moi, mais un rêve.» Pourtant, des Algériens pas mieux lotis que Abdallah se permettent des escapades en Tunisie par la route, pour ne donner que cet exemple, puisque ce pays voisin est devenu la Mecque des «petites» bourses. Contradictions ? «Vous savez, il ne faut pas se fier à ces cas (et ils sont nombreux) pour en faire une conclusion hâtive : des pères de famille se sacrifient pour partir en vacances, surtout en Tunisie. Souvent, ils s’endettent pour faire plaisir à leurs enfants, pour certains, ce sont les œuvres sociales de leurs entreprises qui leur offrent cette opportunité».

Ce qui est vrai, aussi, c’est que partir en Tunisie leur revient moins cher que se payer une semaine au bord de la mer dans leur propre pays. Pour beaucoup, ceux qui partent chez notre voisin de l’Est payent tout chez eux en dinars algériens (transport, hôtel et restauration). Des voyages organisés peu chers. Des enseignants dont les salaires ont été relativement revus à la hausse, il y a un peu plus d’une année, estiment que «passer des vacances est une forme de décompression, on doit changer d’environnement pour entamer fraîchement la nouvelle année scolaire, sauf que ne disposant pas de moyens, on n’a pas d’autre choix que de faire des escapades à la mer, sinon c’est la grasse matinée et les cafés du matin au soir». A Maghnia, ville curieusement beaucoup visitée en cette période estivale, puisque représentant un carrefour entre le chef-lieu de wilaya et les différentes plages de la région, la majorité des habitants profitent de cette opportunité pour travailler plus. «Des milliers de touristes nationaux affluent chez nous entre juillet et août, c’est une période de travail. Les vacances ? C’est peut-être pour plus tard», affirme Hachemi, restaurateur. Casaniers, les habitants de cette région extrême le sont devenus par la force des choses.
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