Algérie

Tlemcen Autorail, dites-vous ?

Les voyageurs en partance par train pour Oran n'oublieront pas de sitôt l'«incident» technique qui s'est produit à l'heure du départ de la dernière navette de l'autorail, soit à 15 heures du mardi dernier. La petite mais néanmoins coquette gare de Tlemcen, au style arabo-mauresque, grouillait de monde. Et pour cause ! C'est la période des vacances, outre l'effet pub pour la promotion du nouvel équipement. Une ambiance de fête régnait dans la salle des pas perdus. On se croirait dans un aéroport. Visiblement joyeux de faire un voyage de «rêve» en autorail, les enfants montraient des signes d'impatience. Les uns jouaient dans le hall, les autres guettaient à travers les portes vitrées l'arrivée du fameux train. L'unique guichet était sollicité par deux chaînes «mixtes» disciplinées. La salle n'arrivait plus à contenir tout ce beau monde. On ouvrit alors la porte et les voyageurs pénétrèrent en masse sur le quai. Quelques minutes après, la voix du chef de gare annonça sèchement au haut-parleur: «Le train a une heure de retard...» A 16 heures, au lieu du «joyau» aérodynamique, c'est la silhouette classique de la locomotive bleu ciel qui se profile au loin. Etonnement et déception se lisaient sur les visages, notamment des enfants qui ont été gavés de pub via les « portes ouvertes » sur le rail et autres spots télévisés. «Mais c'est de l'arnaque !», lâcha, dépité, un cadre de l'université Aboubekr Belkaïd en retraite. Renseignements pris auprès du contrôleur, le changement du «programme» serait dû au surnombre de voyageurs dépassant les 400 personnes alors que la capacité d'accueil de l'autorail (3 rames) est de 192 places assises. Ce qui a motivé, selon notre interlocuteur, sa substitution par le familier «Fancorail 1986» (5 rames totalisant 425 places), d'autant qu'il faut compter la prise en charge des voyageurs en provenance d'Alger (embarquement par voie de correspondance). A l'arrivée à la gare d'Oran à 17 heures 45, sur une voie s'affichait un autorail rutilant, narguant les «infortunés» voyageurs qui quittaient le quai la mort dans l'âme. Voulant avoir un autre son de cloche sur cette «défection», nous avons questionné un mécanicien sur place qui nous donna une autre version : «C'est une question d'entretien de la rame et de nettoyage des compartiments». Un cadre de la SNTF suggère à ce titre la formule rotation par rapport à la future navette destinée à Témouchent pour être dirigée vers la desserte de Tlemcen, sachant que le décalage de temps est largement suffisant pour effectuer la visite dite de parcours kilométrique. Pour avoir de plus amples informations à ce sujet, nous nous sommes dirigés vers les services de la gare d'Oran, mais deux agents de sécurité nous ont dit qu'il n'y avait personne dans les bureaux et que tout le monde est sorti. Force est de constater que les responsables de la gare de Tlemcen ont brillé à cette occasion par un déficit en communication (pas d'avis au niveau du guichet, pas d'information par voie du haut-parleur). A ce propos, le client, qui n'est plus «roi» depuis des lustres, se voit pénalisé triplement en pareille circonstance : la déception (exit l'autorail), le retard (une heure) et le tarif (le prix du billet dans l'ancien train est paradoxalement plus... cher que celui de l'autorail, 290 DA au lieu de 215 DA). Selon une indiscrétion, l'«autorail» n'en est pas à sa première défection. La réédition de ce genre d'«incident» risquerait d'entamer le crédit et le capital confiance de la société vis-à-vis de ses clients «gagnés» par la réforme du secteur. Pourquoi les responsables du programme d'exploitation (services clientèle et matériel) de la SNTF n'ont-ils pas pris en considération au titre des prévisions les période d'affluence, en l'occurrence les vacances scolaires, d'autant qu'il a été procédé à des essais techniques préalables de l'autorail avant sa mise en service ? Pour rappel, le nouveau train inter-villes «autorail» (CAF) a étrenné son voyage inaugural «protocolaire» le lundi 10 mars à partir de la gare de Tlemcen à 5 heures 40, en présence des autorités locales et du DG de la SNTF.
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