Algérie

Tigzirt (Tizi Ouzou) : une île fantastique Culture : les autres articles

Tigzirt (Tizi Ouzou) : une île fantastique Culture : les autres articles
Depuis le début de l'été, cette charmante oasis en pleine mer ne désemplit pas. Une dizaine d'embarcations appartenant aux pêcheurs
assurent quotidiennement la liaison avec celle qu'on appelle communément «Tigzirt n'dakhel» (Tigzirt interne).
Ayaw l'îlot, balade en mer, encore une place et on démarre.» Juché sur sa barque à moteur, Ramzy tente un dernier appel à l'embarquement en direction des badauds circulant sur le quai avant de prendre le large. Nous sommes au port de Tigzirt. Belle journée d'été, mer calme. Un temps propice pour la traversée. Au bout de la «route», l'îlot, Thigzirth en berbère, un joyau naturel que des milliers de vacanciers visitent chaque année avec passion. «C'est mon deuxième voyage. L'afflux des visiteurs, c'est généralement à partir de midi», lâche ce passeur occasionnel ayant pignon sur' mer. Prix de la course : 150 DA par personne. «Le métier de la pêche ne nourrit plus comme avant. Nous attendons patiemment la saison estivale pour travailler un peu, en organisant des excursions en mer». Ici, des familles débarquent avec enfants et bagages pour découvrir, l'espace d'une journée, la première merveille de l'Iomnium, l'antique ville romaine. Depuis le début de l'été, ce bout de terre situé à environ 300 m de la rive ne désemplit pas. Une dizaine d'embarcations appartenant aux pêcheurs assurent quotidiennement la liaison avec celle qu'on appelle communément «Tigzirt n'dakhel» (Tigzirt interne).
En venant de l'Est ou par l'Ouest, Tigzirt se distingue par cette charmante oasis en pleine mer, verdoyante de lentisques, de figuiers de barbarie et d'oliviers sauvages, ainsi que ses successions de rochers appelés Izra Mimoun. C'est aussi un véritable écosystème où vit une faune rare (canards, goélands, mouettes'). Les Romains avaient construit une jetée reliant la presqu'île à l'îlot, dont des traces demeurent à nos jours. L'embarcation continue son chemin. Pas un bruit, pas un clapotis, hormis celui du bateau. Notre destination n'est qu'à une petite encablure de mer de la terre. Nous la rejoignons dans de meilleures conditions de navigation. Le débarquement des passagers se fait dans la précipitation, faisant tanguer la barque qui accoste tant bien que mal. C'est la ruée vers la mer. Mais avant d'y parvenir, il fallait toute une acrobatie pour passer de l'autre côté de l'îlot. Le pilote de la barque nous «lâche» dans la nature, en attendant son retour à notre demande.
«Si la mer se déchaîne, montez là-haut sur les rochers pour vous mettre à l'abri des vagues», nous lance-t-il en guise d'adieu. Plus de peur que de mal. Pas l'ombre de vague déferlante. L'atmosphère est conviviale sur l'îlot. Peu de monde en ce 13 juillet. Des pêcheurs à la ligne, perchés sur des rochers, font un brin de causette en attendant que ça morde. Plus loin, un couple d'Algérois, reconnu à son accent, déployant chaises de plage et parasol observe le ressac des vagues. Des enfants barbotent dans l'eau fraîche et limpide, comme dans une sorte de «piscine» limitée de part et d'autre par des rochers. D'autres préfèrent se prélasser au soleil. «C'est un endroit d'une beauté extraordinaire. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'est pas toujours nécessaire de faire un très long voyage pour découvrir un petit coin de paradis pour se relaxer», jubile un père de famille venu de Bouzaréah, sur les hauteurs d'Alger. Tigzirt, c'est aussi un pan de l'histoire ancienne.
Cette ville balnéaire, qui s'étend sur près de 3 hectares au nord de Tizi Ouzou, recèle des vestiges d'une grande valeur archéologique. La première structure d'occupation romaine à Tigzirt est un casernement fortifié qui date de 147 après J.C, construit sous l'ordre de l'empereur Antoine le Pieux, afin de réprimer les insurrections et les rebellions des berbères contre l'occupation romaine de l'Afrique du Nord. Le site archéologique de Tigzirt a été classé parmi les monuments historiques. Durant les longues et langoureuses nuits d'été, ce haut lieu de l'histoire, surplombant la mer, est pris d'assaut par des noctambules. On y vient pour humer la douce odeur d'iode et profiter de la fraîcheur vivifiante de la forêt voisine du Mizrana. Le soir venu, nous assistons à un attroupement de familles et de couples pour contempler le merveilleux coucher du soleil. Un escalier plus bas, le jardin du port attire les estivants jusqu'à une heure tardive de la nuit.
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