Algérie

Théâtre régional de Sidi Bel Abbes


La «Scène d’Or», interpelle la mémoire avec allégresse Il est rare de découvrir de si jeunes comédiens avec un talent, certes à l’état brut, mais un talent «fou», d’autant plus que chez nous la reconnaissance ne se fait qu’à la longue. Pour le spectacle donné sur les planches du Théâtre régional de Sidi Bel Abbes, le mercredi en après-midi par l’atelier «Scène d’Or», fusion du groupe Maalim et de Besma de l’université Djillali Lyabès, on aura été franchement bassiné par l’audace, le cran, le naturel, avec art surtout, d’une équipe d’étudiants de bout en bout dans une parodie digne des grands. Utilisant étonnamment les ficelles du rire, exprimé dans la forme de la comédia d’El Arte, ouvert à l’improvisation, ramassé sur la capacité du corps, de la voix de la pensée. Les universitaires-artistes ont explosé dans des personnages typés de la société actuelle de notre pays. La palme revient surtout à monsieur Benbakret Mohamed dans le rôle du Moudjahed, lequel plonge le spectateur au cœur de la Révolution armée à la demande de ses fils et enfants de l’Indépendance. Dans un angle loufoque poussé à la pitrerie, les rapports de génération vont mettre à nu un mythe que la jeunesse d’aujourd’hui tente de désacraliser au nom du futur. En fait, le père, en racontant ses mémoires ressemble étrangement au personnage de Hassan Eterro dont la «nya» finit par coïncider avec la sincérité et l’engagement d’un homme pour la liberté du Bled. A la fin, il lègue à ses enfants l’emblème national, leur recommandant de ne pas succomber aux tentations du «fani», la fortune trompeuse. Une vraie catharsis a fait vibrer les planches du Théâtre régional de Sidi Bel Abbes. Ainsi Benbakreti Mohamed, magnifique en Moudjahed désopilant, Mehdi Draoui, Bouchentouf Faïçal, Rafik, Sayah, Bouanati Soumeya, Benyahia Hayat présidé par Ghalem Bouajaj et Jawad Zouaoui. Ils auront accompli en une soirée le tour de force de résumer en une heure et demi, avec un humour autant noir que blanc, pour nous décrire la trajectoire d’une mémoire à la fois éclatée et héroïque, d’un peuple qui s’est libéré du joug colonial. L’atelier «Scène d’or» aura été ce soir-là, le symbole du flambeau sans cesse rallumé. C’était la fête du rire.
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