Algérie

Tamazight au bac 2008

Où en est l’enseignement de la langue amazighe ? C’est la question générique qui a fait l’objet d’un colloque international qui s’est ouvert hier à l’hôtel Ryadh de Sidi Fredj. C’est une espèce de bilan auquel se sont livrés les participants. Il ressort du constat partagé que tamazight s’est incrusté dans le système d’enseignement plus que laborieusement.

Depuis son introduction dans le système éducatif algérien en 1995, son enseignement a buté sur des entraves de diverses natures. A commencer par celui du caractère facultatif des cours au nombre et au statut des enseignants. Le caractère facultatif a fait que peu de wilayas dispensent cet enseignement. Les cours, après avoir pourtant dûment commencé, ont cessé dans les wilayas d’El-Bayadh, Tipaza, Oran et Illizi. Et les cours qui continuent à Biskra (209 élèves en 2005), à Tamanrasset (321) sont suivis par une population scolaire provenant dans une proportion de 90% de quatre wilayas (Tizi-Ouzou, Béjaïa, Boumerdès et Bouira. A l’échelle nationale, onze wilayas sont encore concernées, alors qu’au début de l’expérience 16 furent retenues.

Outre cet aspect de libre choix, il y a le problème intrinsèque à la langue, celui de la normalisation, notion qui a focalisé l’attention des participants au colloque, dont des linguistes de renom comme Dalila Morsly, une ancienne enseignante de français à l’université d’Alger. Ou encore de Lakhdar Maougal, toujours enseignant dans la même université, ou encore Ounissi des Aurès. Il y a aussi la Marocaine Demnati Meryem, qui doit présenter aujourd’hui une communication sur l’expérience marocaine de l’enseignement de tamazight.

Selon M. Dourari, directeur du Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (CNPLET), une entité créée par décret exécutif en novembre 2003, « l’urgence est de doter cette langue d’une académie, d’un organe qui s’occupera en amont de son enseignement. Autrement dit, de recruter des chercheurs de rang doctoral qui proposeront des normes d’écriture, de syntaxe didactiséés pour dépasser le stade de l’oralité. Tous les points de vue sont valables et discutables ». Il laissera entendre que le centre qu’il préside n’a pas pour vocation d’imposer un système graphique qui a du mal a recueillir un consensus entre les partisans du caractère latin et ceux du caractère arabe.

 Le débat sur cette question est loin d’être clos. Si les chercheurs et les enseignants, dont le nombre demande à être relevé et le statut valorisé, préfèrent le latin, sur le terrain, notamment dans les régions arabophones, le choix penche pour l’arabe.

A Batna, par exemple, après une cessation de l’enseignement, plus de 4.000 élèves sont revenus depuis 2005 à la condition d’utiliser les caractères arabes, explique Mme Bilek, sous-directrice chargée de l’enseignement et de la formation au HCA (Haut Commissariat à l’amazighité).

 Les travaux, qui doivent s’achever aujourd’hui, ont été ouverts par le ministre de l’Education nationale, M. Benbouzid, qui a mis en relief la volonté de l’Etat algérien, qui a reconnu le tamazight comme langue nationale, de lui offrir tous les moyens de sa promotion. Il a annoncé qu’une épreuve, sans préciser sa nature, sera introduite dans l’examen du BEM en juin 2007 et dans celui du bac en 2008. Le ministre a estimé que les difficultés sont le fait de facteurs objectifs comme la variété des dialectes et du manque de professeurs aptes à dispenser un enseignement dans cette langue, introduite à partir de la quatrième année primaire.


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