
C'est vrai que dans ce pays, on n'a jamais été conciliant avec les femmes. Elles ont été accablées de labeur, de brimades et de sarcasmes. Les travaux des champs, le ménage, les corvées multiples et les coups: rien ne leur a été épargné. Mais la femme était présente, elle pesait de tout son charme, de toute sa détermination et de toute sa douleur. Elle était le lieu de l'épreuve; elle était le centre d'un drame noué par la pauvreté, la convoitise, l’amour, le désir et la lutte qu'imposait chaque jour naissant. La femme était malmenée mais elle n'était pas, comme aujourd’hui, réduite à une chose que l'on dissimule derrière un voile noir. Elle n'était nullement assimilée à cet objet de séduction et de damnation dont le croyant doit se garder comme un appât du diable. Les femmes sont aujourd'hui au centre des prêches dans la majeure partie des lieux de culte; elles sont, au même titre que les artistes, les athées et les libres penseurs, désignées comme à source de nos malheurs multiformes, la cause du juste châtiment qui nous accable.
Tahar Djaout - Le dernier été de la raison.
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Posté par : imekhlef
Ecrit par : rachid imekhlef
Source : Tahar Djaout - Le dernier été de la raison.