Algérie - Revue de Presse

Syndicat national des magistrats



Sévère réquisitoire contre la presse Le Syndicat national des magistrats (SNM) a tenu jeudi dernier une rencontre avec les différentes sections syndicales du centre du pays. A l?ordre du jour de cette rencontre : les problèmes socioprofessionnels qu?endure depuis longtemps ce corps considéré comme l?épine dorsale de l?appareil judiciaire. Le président du SNM, Aïdouni Djamel, a relevé ainsi plusieurs points de discorde qui opposent encore son syndicat à la tutelle. Il évoquera le cas des magistrats écartés un certain temps et qui détiennent des décisions de justice pour leur réintégration. Décisions qui n?ont pas encore été appliquées par le ministère. Ainsi, le SNM a décidé de saisir le Conseil d?Etat, tout en se demandant à quoi serviront les décisions de justice si elles ne sont pas exécutées. Aussi, le SNM conteste « la non-représentativité du Conseil supérieur de la magistrature », car, selon M. Aïdouni, sur les 2700 magistrats, seuls 101 avaient pris part à ces élections. Par conséquent, le SNM demande l?organisation d?autres élections dans les plus brefs délais. Elections durant lesquelles il compte présenter ses propres candidats. Au cours du débat, l?ensemble des magistrats ont focalisé leur intervention sur les médias nationaux. Criblant de critiques sévères la presse écrite, et à un degré moindre la télévision algérienne (ENTV), les magistrats ont demandé qu?on cesse de leur infliger des « sobriquets ». « La presse, écrite ou audiovisuelle, n?a pas à citer des noms de magistrats pour des faits qui ne sont même pas vérifiés. Ce que nous lisons dans les colonnes de la presse écrite est ahurissant. Certains journalistes qui n?arrivent même pas à faire la différence entre un tribunal et une cour se permettent, dans une absurde ignorance des règles de la déontologie de la profession, de juger les magistrats en leur collant des faits qui ne sont en réalité que de pures allégations. Nous ne pouvons plus nous taire devant ce genre de dépassements », s?est indigné un magistrat. Le SNM conteste énergiquement la « fausse image » donnée des magistrats par la télévision publique dans une émission sur la corruption, diffusée le 11 décembre dernier. Une magistrate, ayant suivi cette émission, s?est dit choquée par la manière dont le corps des magistrats a été présenté. « On a voulu nuire à ce corps. Selon l?animatrice de l?émission et ses invités bien triés, seuls les magistrats sont corrompus en Algérie. Elle nous a non seulement salis, mais c?est tout l?appareil judiciaire qui est touché. C?est très grave. Il faut que les réalisateurs de cette émission soient poursuivis pour tout le préjudice causé à notre corps. C?est abominable ! », a-t-elle lâché. « On veut nous déstabiliser et ternir notre image », ajoutera-t-elle. Un autre intervenant a préféré nuancer ses propos en précisant : « Les magistrats que nous sommes n?ont rien contre la presse, mais nous demandons que les journalistes travaillent dans les règles de la profession et qu?ils soient professionnels. On ne doit pas balancer hâtivement des informations, de surcroît touchant à l?intégrité des personnes, sans prendre la peine de les vérifier et de s?adresser aux mis en cause. C?est ce que nous dénonçons aujourd?hui et nous ne sommes pas là pour faire le procès de la presse. » Aux yeux de ce magistrat, il y a quelque part ceux qui veulent semer la discorde entre ces deux corps, à savoir la presse dans toutes ses formes et le corps des magistrats, lesquels, s?ils s?unissent, pourront faire face aux corrupteurs et aux corrompus. Evoquant l?affaire d?un magistrat qui « a subi les allégations de la presse » et qui était présent dans la salle, le président du SNM a décidé de porter plainte contre le journal et le journaliste auteur de l?article l?incriminant.


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