Algerie - Actualité littéraire

Stéfanini raconte les pieds-rouges, ces rêveurs partis pour l'Algérie en 1962



Stéfanini raconte les pieds-rouges, ces rêveurs partis pour l'Algérie en 1962

Par lefigaro.fr 

Le Figaro a sélectionné pour vous le roman d'Anne-Sophie Stéfanini, histoire méconnue des pieds-rouges, ces militants d'extrême gauche qui rêvaient de faire de l'Algérie indépendante le terreau d'un monde nouveau.
Année 1962. Les pieds-noirs quittent leur pays natal devenu indépendant. Cela est connu. Mais il y a eu un phénomène que la mémoire a oublié: ceux que l'on appelait les «pieds-rouges», des communistes qui ont fait le chemin à l'envers pour, selon eux, assister à la naissance d'une nation, l'aider à se construire et mettre leur révolution en pratique.
«C'était une centaine, un petit millier de militants de gauche et d'extrême gauche» raconte l'auteure dans Les Bonnes Feuilles. «Ils avaient des profils très divers, ils étaient enseignants, chercheurs, universitaires, médecins, et un même rêve les réunissait, que leurs idéaux communistes et révolutionnaires, ceux d'un état libre, d'un monde nouveau, puissent naître en Algérie dans l'Algérie indépendante.»
Le livre s'intéresse au parcours d'une jeune Française pleine d'illusions qui rejoint l'Algérie. Elle s'appelle Catherine et «représente l'élan de cette jeunesse» décrypte Anne-Sophie Stéfanini. Elle porte «la part d'innocence et d'aveuglement de ces années-là». Comme tous les personnages d'ailleurs. Le père de Catherine, indécrottable communiste, préfère rester dans sa bulle utopiste et conduire un taxi. Vincent, le premier amour, virevolte, le révolutionnaire qu'il semblait être désire, finalement, «un poste, un salaire, une sécurité».
Il y a aussi Assia, l'étudiante qui devient l'amie, et, peut-être, une chance pour le futur. Et Ali, qui ne croit pas que l'on puisse changer le monde. N'est-ce pas lui, finalement, le plus révolutionnaire? «Il ne croyait plus à la révolution à laquelle il avait tant rêvé et cela me causait une peine infinie, plus grande que la perte de son amour (&hellip)», écrit Anne-Sophie Stéfanini.
Elle explique au Figaro: «Ce que j'ai essayé aussi de faire, c'est que chaque homme et femme de cette histoire porte cette contradiction. Que ça ne soit pas seulement Catherine avec ses rêves de voyages, de poésie, d'écriture, ses doutes». L'écrivaine conclut: «Tous sont en perpétuelle quête d'eux-mêmes et d'un avenir collectif, et c'est d'autant plus vrai que la nation algérienne est toute jeune. Il y a tout à faire».

 

 


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