Algérie

Sétif : Oued El-Bared, ses jeunes et ses terres agricoles


Ce qui captive le visiteur qui se rend pour la première fois à Oued El-Bared, ex-Takitount, c'est que l'étranger est accueilli avec hospitalité et un grand égard, en dépit des influences négatives comme le chômage, le sentiment d'exclusion et de pauvreté sévissant dans cette région au relief montagneux. Car avec la disparition progressive des vieillards issus d'une terre d'histoire stigmatisée par des vicissitudes successives, se pose le problème de la pérennité de la culture ancestrale. Cela touche, essentiellement, la culture pour le travail de la terre. Curieusement on est frappé par le fait que dans ce point de la région sétifienne, la terre arable est laissée à l'abandon parce que plus personne ne veut la cultiver en dehors de la saison des semailles, bien que l'eau soit partout présente, elle ruisselle du haut de la montagne qui surplombe cette petite vallée fertile. De tous ceux qui vivent en permanence dans cette contrée, il n'y a que les vieillards et les pauvres qui connaissent réellement la valeur de la terre. Ce sont eux qu'on croise sur le chemin de la mosquée sise au centre du village, restée jusqu'à présent le lien privilégié des réunions communautaires. C'est à l'intérieur même de cette mosquée que se concluent les accords de mariage, se dénouent les conflits opposant les villageois et surtout le lieu où les initiatives d'intérêt commun sont prises. La jeunesse, quant à elle, se consacre surtout aux jeux sous toutes ses formes. Elle est oisive et mal dans sa peau. Pas trop cultivée dans sa totalité, certes, mais assez dynamique, suffisamment consciente et responsable pour envisager l'avenir autrement. Culturellement, elle fait son possible avec les moyens du bord. Dans cette bourgade isolée par la nature dans un creux difficilement accessible, on note l'émergence de nouveaux riches commerçants et des émigrés qui renouent après une longue absence avec le patelin. Ceux-ci bâtissent des villas servant de maison de retraite dont ils confient les clés à des proches et où ils ne viennent habiter qu'une quinzaine de jours par an où à l'occasion d'un mariage. L'électricité qui alimente ces belles demeures fait illuminer le pic de la montagne. Les habitants, même ceux de la plaine, se veulent résolument modernes, mais cette course effrénée à la modernité est perçue comme une maladie car elle favorise la fuite des jeunes vers d'autres cieux. Malgré le poids des ans, cette bourgade vit la réalité d'une lutte perpétuelle pour la conservation de son identité intrinsèque.

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