Algérie

Saïd Djinnit passe au crible la sécurité en Afrique de l'Ouest

Saïd Djinnit passe au crible la sécurité en Afrique de l'Ouest
Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, a averti le Conseil de sécurité que la région d'Afrique de l'Ouest continuait à faire face à la criminalité transnationale organisée et à l'augmentation des activités terroristes avec le risque de déstabiliser toute la région sahélo-saharienne. Présentant avant-hier, le rapport du secrétaire général de l'ONU sur les activités du bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest pour la période du 1er semestre 2014, M.Djinnit a indiqué dans un premier temps, qu'au plan économique, avec une moyenne de 7%, la région de l'Afrique de l'Ouest continue d'enregistrer la croissance la plus élevée sur le continent. Néanmoins, a-t-il poursuivi devant le Conseil de sécurité, malgré les efforts déployés, la région d'Afrique de l'Ouest, dans son ensemble, continue de faire face aux défis redoutables que sont la criminalité transnationale organisée et l'augmentation des activités terroristes. Le diplomate algérien s'est dit, notamment préoccupé par la perspective que les réseaux criminels de la région se mettent à recruter des jeunes dont un très grand nombre sont au chômage et sans grande perspective d'avenir. Selon lui, il est essentiel que les pays d'Afrique de l'Ouest se mettent ensemble et établissent des stratégies effectives et des mécanismes de coopération pour faire face à cette menace qui risque de déstabiliser toute la région sahélo-saharienne. Par ailleurs, il a relevé que les pays ouest-africains continuaient d'éprouver de grandes difficultés à répondre aux attentes de leurs populations en matière sociale qui, a-t-il ajouté, ne bénéficient pas toujours des dividendes des progrès économiques et n'en voient pas les retombées. M.Djinnit a indiqué qu'alors que des progrès en matière de réduction de l'extrême pauvreté ont été enregistrés dans l'ensemble des pays de la région, les bilans, en ce qui concerne l'accès à l'éducation primaire et la réduction de la faim et de la malnutrition, sont pour le moins mitigés, notant que les femmes et les jeunes sont les plus durement affectés par les réponses, d'un niveau insuffisant, qu'apportent les Etats aux nombreux défis sociaux. Dans certains pays, a indiqué le représentant spécial, la montée de l'insécurité a eu pour conséquence que les pays ont dû opérer un redéploiement des ressources disponibles vers les priorités et les urgences sécuritaires, ceci au détriment du développement. Le représentant spécial du secrétaire général a, par ailleurs, indiqué qu'en 2015, pas moins de cinq élections «cruciales» seront organisées en Afrique de l'Ouest, notamment en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, en Guinée, au Niger et au Nigéria. Ces scrutins, a-t-il indiqué, se dérouleront dans des sociétés fortement polarisées et dans un contexte de profondes divisions politiques et de controverses concernant des initiatives relatives à des amendements constitutionnels qui, s'ils étaient adoptés, modifieraient la durée des mandats présidentiels ou lèveraient la limitation du nombre de ces mandats à la tête des pays concernés. Abordant la situation qui prévaut au Nigéria, M.Djinnit a dénoncé la poursuite de la détention, par le groupe terroriste Boko Haram, des écolières enlevées dans la localité de Chibok ainsi que l'augmentation et la multiplication des actes de violence meurtrière à l'encontre de civils. Il a également avancé qu'avec l'augmentation de l'insécurité dans le nord-est de son territoire et l'augmentation des tensions et des divisions politiques à l'approche des élections générales de 2015, le Nigéria «se trouve à la croisée des chemins». Il a alors appelé le Conseil de sécurité à trouver des réponses au problème de l'insurrection et de l'insécurité au Nigéria, rappelant notamment que ce pays a joué un rôle important au cours des dernières décennies pour maintenir la paix et la sécurité aux plans régional et international. La situation actuelle, a-t-il ajouté, souligne aussi la nécessité primordiale, pour la classe politique nigériane de forger une position unifiée afin de confronter cette insécurité persistante. Dans son intervention, il a tenu à saluer la décision prise par l'Union africaine d'envisager la possibilité de déployer une équipe spéciale dans la région pour répondre aux défis posés par Boko Haram.


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