
Entretien réalisé par : Ali Bedrici - Liberté
Consultante, céramiste, formatrice en artisanat, écrivaine, femme de théâtre, actrice dynamique de la société civile Le secret de cette énergie ? La passion, répond l'auteure de La petite potière, dans cet entretien ou elle raconte son amour pour l'art, et sa formation dans ce domaine.
Liberté : Vous êtes consultante en management, et votre passion est l'art. Pouvez-vous, revenir brièvement sur votre parcours ?
Sadia Tabti : Je suis née à Alger, de père algérien et de mère française. Cette double culture va marquer tout mon parcours. Bien que je vis en France, un lien puissant me lie au pays de mon père, à mes racines profondes. Je suis attachée à la culture ancestrale algérienne et particulièrement amazighe, car c'est elle qui a bercé mon enfance. De France où nous vivions avec mon père, nous allions en Kabylie durant les vacances d'été. Après le bac, j'ai suivi une formation en gestion qui m'a conduite au consulting en management. C'est le métier que je pratique depuis longtemps et qui me permet de vivre, car, comme vous le savez, l'art ne nourrit pas son homme.
Comment expliquez-vous, votre attirance pour l'art ?
Très tôt, j'ai été attirée par la beauté de l'Algérie et sa culture. J'étais animatrice culturelle au complexe touristique Matarès de Tipasa dans les années 1970, avec des séjours dans le sud algérien. Je découvrais les artisanats qui expriment l'âme du pays. Je me suis toujours pleinement impliquée dans les milieux culturels qui représentent les deux rives. Le consultant en conduite de changement (métier de Sadia Tabti, ndlr) doit créer, se remettre en cause et avoir de l'imagination et un esprit d'universalité. N'est-ce pas la définition de l'art ? Il y a peut-être aussi un don familial puisque j'ai un frère et une soeur artistes peintres.
Pouvez-vous, nous parler de vos créations et des techniques apportées ?
Je suis d'abord plasticienne, avec une préférence pour le collage et l'art postal. Pourtant, j'ai commencé par le travail de l'argile, et j'ai fait de la céramique pendant 10 ans. Consciente que le savoir-faire ancestral doit se transmettre aux générations futures, j'en suis venue à l'écriture : La petite potière, chez Dalimen en 2013 et La petite bijoutière en 2014 chez le même éditeur. Ce sont des contes qui mettent en valeur les artisanats qu'il faut sauvegarder.
Avez-vous eu l'occasion de travailler avec des artisans algériens ?
Oui, avec des spécialistes en poterie, nous avons passé des semaines à accompagner par exemple des potières à Maâtkas. Nous travaillons avec des artisanes en broderie, vannerie etc. pour revisiter ces métiers. Avec de l'imagination et du savoir-faire, on obtient des produits artisanaux qui peuvent faire vivre.
Outre les arts plastiques et la poterie, vous êtes également comédienne et auteure..
Dès mon jeune âge, j'ai effectué des tournées en France et en Algérie. Je dirige maintenant une petite troupe de jeunes à Souama, .Arraw n'taddart.. Nous avons adapté Le petit chaperon rouge sous le titre Taqcict s umendil. Dans mes projets aussi, la réalisation avec la même troupe d'une deuxième pièce de théâtre, qui sera peut-être adaptée de l'un de mes contes. Je prépare entre autres, un livre dont la sortie est prévue au Salon international du livre d'Alger (SILA 2017). Il sera édité chez Dalimen. C'est un récit destiné aux enfants de 10 à 14 ans, qui revient sur l'histoire de l'Algérie durant la colonisation.
 
Posté par : litteraturealgerie