Algérie

Réunion conjointe ANP-Armée du Mali

Lutte antiterroriste et trafic d’armes, principales préoccupations La délégation militaire algérienne de haut rang qui a séjourné dernièrement au Mali, a conclu avec l’armée malienne un accord qui porte sur «l’organisation de patrouilles conjointes et simultanées, d’échanges de renseignements sécuritaires et la tenue de rencontres périodiques entre les chefs d’opérations au niveau de la frontière commune». Ces importantes mesu-res ont été prises pour contrer les phénomènes tels que le banditisme, le terrorisme et le trafic le long de la frontière entre les deux pays. La délégation algérienne comprenant 3 généraux, 4 colonels et autant de lieutenants-colonels qui a séjourné à Bamako du 14 au 16 juillet derniers a aussi évoqué avec les militaires maliens de la nécessité de mettre en place des actions communes afin de faire échec aux incessantes incursions terroristes le long des bandes frontalières. La délégation d’officiers algériens a eu également une séance de travail avec le président de la République malienne après celle tenue au ministère de la Défense et des Anciens combattants, avec des officiers maliens. En effet, ce qu’il convient pour les deux pays de conjurer, c’est la situation exceptionnelle qu’ils vivent de part et d’autre de leurs frontières. Les bandes frontalières sont livrées, depuis plusieurs années, à des pratiques de terrorisme, de contrebande et de trafics d’armes de guerre ou légères et de stupéfiants. L’Algérie et le Mali ont signé, depuis 2001, un accord de coopération militaire et technique qui définit un cadre partenarial pour la formation militaire, le recyclage des personnels, l’assistance technique et des rencontres de concertations périodiques. Ces rencontres vont permettre de passer à une étape supérieure et aboutir à la planification et à la mise en œuvre de nouvelles actions tendant à solutionner les problèmes sécuritaires. Il s’agit de l’organisation de patrouilles mixtes, conjointes et simultanées des deux côtés de la frontière, de l’autorisation de poursuites hors frontières, de partages des informations et renseignements opérationnels relatifs aux mouvements des bandits, terroristes et rebelles, de soutiens mutuels aux forces engagées. En ce qui concerne les moyens techniques de transmission, de transports de troupes et de reconnaissance, l’Algérie pourrait appuyer le Mali en le dotant de nouveaux matériels. En outre, les deux pays pourraient s’engager à créer des cadres de concertation entre les commandements opérationnels de zones installées de part et d’autre de la frontière. En prenant la décision, après avoir consulté son homologue algérien, d’organiser une conférence sous régionale sur la question sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne, le président malien a reconnu la nécessité d’aller au-delà de son pays et de l’Algérie, et d’associer d’autres nations comme le Niger et la Mauritanie, deux pays avec lesquels le Mali partage des frontières tout autant poreuses que celles d’avec l’Algérie, et qui connaissent également des revendications identitaires dues, pour la plupart, au sous-développement. Parallèlement à cette visite d’officiers algériens au Mali, des émissaires du gouvernement malien et des rebelles touaregs maliens sont présents à Alger pour relancer le processus de paix dans le nord du Mali. «La délégation du gouvernement malien est là à Alger. Les représentants de tous les rebelles touaregs (maliens) sont également à Alger», a déclaré à l’AFP un responsable du comité de suivi de l’accord d’Alger, signé en juillet 2006 entre les deux parties pour la paix dans le nord du Mali. «Il est prévu que les protagonistes se rencontrent très rapidement et débutent les discussions», a ajouté ce même responsable. Ce comité est composé de représentants du gouvernement malien, de ceux des rebelles et de la partie algérienne. La délégation malienne est conduite par le ministre de l’Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, alors que la médiation algérienne est représentée par l’ambassadeur d’Algérie au Mali, Abdelkrim Gheraieb. Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia doit superviser les négociations directes entre Bamako et les rebelles. En 1992, Ouyahia, alors directeur général de la division Afrique au ministère des Affaires étrangères, avait mené avec succès la médiation dans le conflit de l’Azawad qui opposait le gouvernement malien et les touaregs. La partie gouvernementale exige avant toute véritable décrispation sur le terrain, «la libération de plusieurs dizaines de ses militaires retenus en otages par la rébellion, le démantèlement des bases des rebelles et la remise du matériel militaire et des armes de l’armée régulière» emportés par ces derniers lors des différents affrontements avec l’armée régulière. De leur côté, les rebelles touaregs demandent notamment que l’armée malienne «allège son dispositif militaire dans le nord du Mali et que le médiateur algérien prenne la tête du comité de suivi des accords d’Alger jusque-là dirigé par un responsable du Mali», note encore la source.   Saïd Farhi
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)