Algérie

Repère : Un témoin gênant

La situation est extrêmement grave au Sahara occidental, où la population fait face à une sauvage répression. Et celle-ci est d’autant plus inhumaine qu’elle se déroule dans une espèce de black-out que l’occupant marocain impose depuis bien longtemps. Il a fallu le courage de quelques Organisations non gouvernementales (ONG) pour briser ce mur du silence.
Cette jeune bénévole française qui apporte un témoignage poignant, images à l’appui, mais dans un total anonymat – et pour cause – a apporté elle aussi sa pierre à l’édifice qui consiste à contourner la propagande marocaine. Et aussi comme le remarque cette jeune fille, le silence de l’ONU qui a accepté d’être marginalisée et même d’être refoulée des camps de Sahraouis près d’El Ayoun attaqués par les soldats marocains. En effet, la Mission des Nations unies chargée de l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) a été interdite d’accès, et autant dire de témoignage. Le fait est grave et mérite d’être relevé, comme il faut rappeler que des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU se sont opposés à l’extension du mandat de cette mission, justement au sujet des droits de l’homme. La proposition en avait été faite il y a au moins deux années et relancée lors du dernier examen régulier de la question du Sahara occidental par le Conseil de sécurité des Nations unies. Ceux qui l’ont fait doivent avoir leurs raisons que les faits de la colonisation ont été dévoilés.Il s’agit de couvrir la répression marocaine et s’opposer à une condamnation internationale, ce serait la moindre des choses que le monde pourrait faire pour les Sahraouis.
Mais pour ainsi dire, l’ONU, malgré cet avertissement et les appels en ce sens que lui ont adressé les dirigeants sahraouis, n’a pas su anticiper ou prendre des mesures suffisamment dissuasives qui auraient compensé son blocage d’agir en tant qu’instrument de surveillance et de préservation des droits de l’homme au Sahara occidental. Elle en est à regretter ce qui se passe dans ce territoire. «Ce matin au Sahara occidental, les forces de sécurité marocaines ont engagé une opération pour fermer le camp établi par les manifestants sahraouis en dehors  de la ville d’El Ayoun, il y a un mois», a déclaré un responsable de l’ONU. «Et à notre plus grand regret, il y a un certain nombre de morts et de blessés. Le personnel des Nations unies au Sahara occidental tente de dresser  une situation plus complète sur ces faits», a affirmé le responsable onusien. Autant dire que l’ONU se retrouve à compter les morts et dire même implicitement son incapacité à s’y opposer. Ou encore de protéger la population sahraouie, comme le lui demande la direction du Front Polisario. «Nous demandons en urgence l’envoi d’une mission de l’ONU à El Ayoun occupée dans le cadre des responsabilités incombant à l’Organisation internationale au Sahara occidental, un territoire qui ne jouit pas encore du droit à l’autodétermination,  pour assurer la sécurité et les droits des citoyens sahraouis face à la brutalité et la violence des forces d’occupation marocaines.» C’est ce qu’indique en substance un des nombreux messages du président Mohamed Abdelaziz au secrétaire général de l’ONU, rappelant  que ce crime «abominable» a eu lieu en présence des Nations unies représentées  par la Minurso. Et c’est justement ce qui pose problème quand cette même mission est elle-même en butte aux tracasseries des forces d’occupation qui ne se privent pas de violer ses locaux et même d’attaquer les Sahraouis qui croyaient, lors de précédentes manifestations, y trouver refuge. Des actes que l’ONU n’avait pas condamnés. Pourquoi donc ce silence imposé à l’ONU ' Mais l’effort s’avère vain puisque le mur du silence a été brisé et la communauté internationale tenue informée.     

 
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