Jusqu'à une date récente, une hausse des revenus des pays du Tiers Monde
a été considérée comme essentielle pour vaincre le sous développement.
Si H. W. Singer a été largement cité et si son
approche a influencé intensément la revendication du Tiers Monde
pour
un Nouvel Ordre Economique International, sa contribution a été lue
d'une manière incomplète. Certes, l'augmentation des recettes en
devises pourrait fournir des fonds d'investissement nécessaires au
développement du Tiers Monde,
mais la disponibilité même de devises
supplémentaires décourage les efforts de diversification économique.
C'est Benachenhou, qui a posé le problème de la rente comme
revenu qui, tout en créant des sources de financement, limite par son
caractère "réactionnaire" la transformation des économies concernées.
La présente contribution part de cette constatation du caractère ambigu
de la rente. Son apparition même suppose des structures économiques
et sociales spécifiques dans le Tiers Monde.
Celles ci
sont
déterminées par le développement économique inégal à l'échelle
mondiale. Elles sont caractérisées par des situations de monopole qui
supposent la limitation de la concurrence, et l'émergence de classes
dirigeantes qui, à la différence d'entrepreneurs capitalistes,
s'approprient collectivement le surplus disponible. En même temps la
spécialisation des économies du Tiers Monde
décourage l'assimilation
des techniques importées. Sur le plan politique, de nouvelles tendances
émergent qui poussent à une utilisation productive de la rente.
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Posté par : einstein
Ecrit par : - Elsenhans Hartmut
Source : Les cahiers du CREAD Volume 1, Numéro 5, Pages 5-51 1986-03-22