Algérie

RELATIONS DEPUTE-CITOYEN


Un dialogue de sourds Le renforcement de la démocratie participative par l?amélioration de la relation député-citoyen grâce à la mise en place de bureaux de permanence parlementaire (BPP) » est le thème développé hier à l?occasion d?une journée d?étude, organisée à l?hôtel El Aurassi, à l?initiative de l?unité administrative de gestion du projet de coopération Algérie-PNUD. Des députés algériens et européens ainsi que des juristes et des consultants en communication ont pris part à cette manifestation. L?initiative est louable si l?on tient compte du dialogue de sourds qui a toujours caractérisé les relations entre les citoyens et les membres de l?APN. Comment rétablir le contact et surtout la confiance entre le citoyen et son représentant à l?Assemblée populaire nationale ? Pour remédier à cette situation, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de généraliser l?opération de la mise en place des BPP. Ce projet, qui s?inscrit dans le cadre de la promotion de la démocratie participative, vise, selon les participants, une pleine implication du citoyen dans la gestion des affaires publiques. En plus de son rôle de « producteur » de lois et de contrôleur de l?action du gouvernement, le député doit, selon l?assistance, être en permanence à l?écoute des préoccupations de ses concitoyens. Pour ce faire, il est appelé à tenir des réunions avec les citoyens, les responsables locaux, les représentants d?associations et des organisations professionnelles. Me Bouchaïb, vice-président du réseau algérien pour les droits de l?homme Adwaa Rights, a estimé, dans son intervention, que « le député constitue un relais privilégié et direct, le seul dans le dispositif constitutionnel, entre le pouvoir et la société ». Sur le plan théorique, la législation en vigueur a bien défini le rôle du député aux niveaux national et local. Ainsi, l?article 10 de la loi 01-2001 stipule que « le membre du Parlement peut, sur la base des avis et des préoccupations des citoyens, présenter aux autorités concernées des suggestions sur des questions liées à la vie politique, sociale, culturelle et économique de sa circonscription ». Mais comment rester en contact permanent avec les citoyens ? Les différents intervenants ont suggéré la généralisation des permanences locales pour les députés. « C?est le seul moyen pour établir les ponts entre l?administration et la population. Le député doit jouer le rôle d?interface entre les deux parties », a souligné M. Jean Pierre Grafe, ancien ministre et député belge. Manque de moyens Selon ce dernier, le Parlement en Belgique prend en charge les moyens matériels nécessaires pour l?ouverture d?une permanence du député et la rémunération des collaborateurs parlementaires. « Les frais de la location d?un local ne sont pas encore pris en charge par le Parlement », a précisé, par ailleurs, le député belge. En Algérie, le membre du Parlement perçoit une indemnité fixée à 20 % de l?indemnité de base. Cette indemnité devrait servir à la prise en charge des frais de gestion de la permanence locale. Néanmoins, les membres de l?APN, présents à El Aurassi, hier, se sont plaints, à l?unanimité du manque de moyens qui sont mis à leur disposition. Lors des débats, chaque intervenant parmi les députés a justifié, à sa manière, l?absence de communication avec les citoyens. « Le parlementaire n?est pas bien rémunéré pour pouvoir ouvrir une permanence au niveau local. Peut-on faire face à toutes les dépenses avec 90 000 DA ? », s?est plaint un député. Une autre parlementaire a dénoncé les responsables qui, selon elle, ne daignent pas répondre au courrier des députés. « Je suis en contact permanent avec la population et j?ai saisi les autorités par plus de 500 correspondances, lesquelles correspondances sont restées lettre morte », a-t-elle tempêté. Pour que le député puisse jouer pleinement son rôle d?intercesseur, cette députée à suggéré une rencontre mensuelle avec les responsables de wilayas.
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