Algérie - Revue de Presse

Réforme hospitalière



La contractualisation en débat Humaniser, restructurer et réorganiser le secteur de la santé, un triptyque sur lequel repose, selon la tutelle, la réforme hospitalière qui aspire, d?après cette même source d?informations, à gommer la mauvaise image qui colle au secteur public de la santé. Parmi les étapes prépondérantes de cette réforme, le processus de contractualisation a, rappelons-le, fait l?objet d?une opération de simulation entamée en février 2003 à l?échelle de 10 structures pilotes retenues en haut lieu dont le CHU Constantine. Dans ce contexte et à l?issue d?une année de mise à l?épreuve, Salim Zermane, DG de cette institution, a expliqué, dans une conférence de presse organisée au CHUC, les tenants et aboutissants de ce processus qui aurait été, au départ, mal interprété par les citoyens. « C?est pourquoi, ils ont été très nombreux à afficher une certaine réticence quand on leur demandait de décliner leur identité sociale, de crainte peut-être d?être poursuivi ultérieurement pour le payement de la prise en charge du malade hospitalisé, ce qui est faux bien évidemment, car ce le processus de contractualisation ne concerne en aucun cas le citoyen. » Dans ce sens et en réponse aux inquiétudes exprimées, il indique que « les relations contractuelles établies entre les établissements publics de la santé, les organismes de la sécurité sociale et les structures de l?action sociale, pour ce qui touche aux démunis, ont ainsi engendré une nette amélioration de ces relations, grâce à une meilleure transparence. Toutefois, pour être concrétisée à la date butoir de l?année en cours, la mise en ?uvre de cette nouvelle mesure doit impérativement être accompagnée d?actions à l?instar de la réhabilitation, de la réorganisation et de l?amélioration du mode de fonctionnement du bureau des entrées. A cet effet, il est urgent de réorienter notre système d?information vers les buts recherchés, à savoir une meilleure prise en charge du malade hospitalisé et la maîtrise des coûts, et tout ce travail ne sera possible que grâce à la mobilisation de tous les acteurs hospitaliers ». Le DG du CHUC rappelle, au passage, la vocation régionale de son établissement. « Il couvre, tient-il à préciser, 16 wilayas de l?est du pays, et pour le seul compte du 1er trimestre 2004, nous avons enregistré 31 090 admissions représentant 7,4% de l?ensemble des admissions enregistrées. Les causes obstétricales sont les plus fréquentes avec 38% des évacuations enregistrées, la traumatologie avec 17%, les maladies périnatales avec 12%, les urgences chirurgicales avec 9% et les affections cardiaques avec 6%. Durant cette même période, nous avons enregistré globalement 31 090 admissions, 161 313 journées d?hospitalisation, 16 439 actes chirurgicaux, 88 399 consultations, 7037 accouchements, 4626 hémodialyses, 353 284 examens biologiques et 74 306 examens radiologiques. Au terme de l?année 2004, ces chiffres doivent être multipliés au moins par deux. » Après cette parenthèse indispensable, selon le premier responsable du CHUC, pour indiquer le volume très important des patients pris en charge à ce niveau, ce dernier annonce les autres mesures prises pour « améliorer les prestations à travers une gestion plus efficiente des ressources humaines, des équipements et de l?ensemble des moyens et des schémas organisationnels mis en ?uvre dans le cadre de la réforme hospitalière ». Il souligne, dans un premier temps, la mise en place d?une commission de médiation et de conciliation dont le rôle est de veiller à la bonne prise en charge des malades et à défendre éventuellement leurs droits. Il précise ensuite le rôle confié à la commission chargée de la mise sur pied et du bon fonctionnement d?une unité d?hospitalisation à domicile qui aura pour mission essentielle de prodiguer des soins à domicile au profit des patients visés par une hospitalisation prolongée « Cependant, avoue le DG du CHUC, cette action sera difficile à mettre en ?uvre, compte tenu de l?importance des équipements qu?elle exige pour être réellement opérationnelle et efficace. » Enchaînant sur la mise en place de la commission d?hygiène et de sécurité, il soulignera à gros traits l?importance de celle-ci et notamment par rapport au problème des infections nosocomiales. A ce propos, le docteur Djamel Bensaâd, professeur en épidémiologie et directeur des activités médicales et paramédicales du CHUC, interviendra pour mettre en exergue la virulence de ce phénomène et les moyens engagés pour le combattre : « Les infections nosocomiales sont à l?origine de 8 à 10% des décès enregistrés d?où la mise en place du C.LIN, le comité de lutte contre les infections nosocomiales. Il faut savoir que ces infections peuvent être directement liées aux soins ou survenir durant l?hospitalisation sans qu?il y ait un acte médical. Elles peuvent être aussi provoquées par des germes véhiculés par le personnel, le matériel utilisé ou le patient lui-même. C?est pourquoi, ce comité mettra tout en ?uvre pour que soient respectées à la lettre les règles d?hygiène à l?intérieur des locaux et à travers tout leur environnement, et pour cela la sensibilisation et la formation des personnels seront une priorité. Dans ce cadre, le CLIN a mis en place un système de tri sélectif et d?enlèvement des déchets hospitaliers reposant sur trois axes : les déchets à risques sont évacués dans des sacs de couleur jaune et sont incinérés, les déchets anatomiques à non risque sont enlevés dans des sacs verts et également incinérés, quant aux autres déchets, ils sont évacués dans des sacs de couleur noire vers la décharge communale. » Le mot de la fin revient au DG du CHU Constantine qui estime que « l?urgence sera aussi d?opérer un changement radical des comportements à tous les niveaux d?intervention ».


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