Algérie

Recul des cours du pétrole


Un vaste plan de sauvetage des banques américaines a été promulgué vendredi passé par le président George W. Bush, peu de temps après avoir été adopté par la Chambre des représentants et deux jours après l’aval du Sénat, une mesure attendue par les places boursières du monde entier. Ce plan de 700 milliards de dollars donne au Trésor américain des moyens historiques pour intervenir sur le secteur financier. Malgré le soulagement qui a accompagné le vote du plan de sauvetage, Wall Street, qui avait passé le plus clair de la séance en hausse, a terminé en baisse de 1,50%, les craintes de récession reprenant le dessus dans l’esprit des courtiers.
La Bourse de New York a été soutenue par le rachat annoncé de la banque Wachovia par sa concurrente Wells Fargo, nouvel exemple de la restructuration du secteur bancaire américain qui est en marche depuis plusieurs semaines. Wells Fargo va reprendre Wachovia dans sa globalité pour un montant d’environ 15,1 milliards de dollars en actions, contrant ainsi une offre précédente de Citigroup qui portait seulement sur une partie des activités. En Belgique, le Premier ministre Yves Leterme a annoncé que le bancassureur belgo-néerlandais Fortis, victime de la crise financière, va être démantelé via la nationalisation de l’essentiel de ses activités néerlandaises par le gouvernement des Pays-Bas. Les Bourses européennes ont clôturé en hausse, semblant anticiper une approbation du plan Paulson. La Bourse de Paris a pris 2,96%, Francfort 2,41% et Londres 2,26%.
“Nous sommes face à la pire crise financière depuis la grande crise et ses répercussions se font déjà sentir au-delà de la sphère financière, dans le monde entier. Le système financier est la courroie de transmission grâce à laquelle l’économie peut tourner. Or, si le système financier est partiellement bloqué et paralysé, comme c’est actuellement le cas, l’économie ne peut pas fonctionner normalement”, souligne le secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría. Les grandes économies s’apprêtent à connaître plusieurs trimestres de croissance médiocre par suite du ralentissement mondial et de la crise financière actuelle, les pays du G7 ne devant s’attendre qu’à une croissance de 1,4% en 2008, contre 2,2% en 2007, a indiqué M. Gurría. Grippé par la crise financière, le marché pétrolier souffre actuellement d’une baisse des échanges et d’une extrême défiance entre acteurs de la place, ayant pour effet d’exagérer les variations de prix et de précipiter leur baisse.
Depuis deux semaines, les prix du pétrole semblent être entrés en période de grandes marées : leurs cours varient dans des amplitudes extrêmement violentes. Pour les experts, cette extrême volatilité n’est qu’un des effets collatéraux de la crise financière : sur le marché pétrolier aussi, la normalité n’a plus cours. “Il ne faut pas chercher des explications fondamentales à tous les mouvements de prix qu’on a eu depuis une semaine ou deux”, souligne ainsi Frédéric Lasserre, analyste de la Société Générale.
“Beaucoup de mouvements de prix sont des transferts de positions d’opérateurs n’ayant plus de couverture, désespérés d’en remettre une en place”, précise-t-il. La faillite de la banque Lehman Brothers, “un acteur significatif du marché du pétrole, en phase de croissance”, a obligé, selon M. Lasserre, de nombreux producteurs ou consommateurs de pétrole à remplacer en catastrophe leurs couvertures pétrolières. Des investisseurs importants, comme les Fonds de retraite américains, sortent du marché pétrolier où ils étaient entrés par le biais des fonds indiciels, rapporte Olivier Jakob, du cabinet indépendant Petromatrix. Les cours du brut ont reculé vendredi passé dans les échanges électroniques en Asie pour des raisons en relation avec la santé de l’économie américaine. Dans les échanges matinaux, le prix du baril de Light Sweet Crude pour livraison en novembre perdait un dollar à 92,97 dollars le baril après avoir clôturé à 93,97 dollars jeudi soir à New York, où il avait trébuché de 4,56 dollars. Le baril de pétrole Brent pour livraison en novembre perdait 87 cents à 89,69 dollars après avoir chuté la veille de 4,77 dollars. Alors que la crise financière agite les marchés et affecte désormais l’Europe, les intervenants redoutent les conséquences de difficultés de l’économie sur la demande de pétrole, selon les analystes. Accentuant la baisse des cours de l’or noir, le dollar a poursuivi sa hausse face à l’euro, qui est tombé jeudi sous 1,38 dollar, au plus bas depuis un an. Mais au-delà du marché pétrolier, qui intéresse directement l’Algérie, les banques vont faire très attention dans le futur pour consentir un prêt à un client.
Cette limitation ou une raréfaction du crédit offert aux entreprises et aux particuliers pourrait engendré une baisse de l’investissement et donc entraînant une crise économique voire une récession. Pour les experts, si le scénario de 1929 est évité, les États-Unis n’échapperont pas à une sévère récession. Les économies européennes subissent déjà un ralentissement prononcé, et tout donne à penser, en raison des turbulences actuelles, que ce phénomène se prolongera jusqu’en 2009. Les économies émergentes ont jusqu’à présent bien encaissé le choc, même si certains prédisent un contre-coup brutal dans ces économies à forte croissance, en raison à la fois du risque d’assèchement des flux de capitaux dont elles ont bénéficié jusqu’à maintenant et de la stagnation, voire d’une baisse possible, du cours des matières premières qu’elles exportent.
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