Algérie

Rapatriement des centres d'appels français au Maghreb : Montebourg remet ça !

Rapatriement des centres d'appels français au Maghreb : Montebourg remet ça !
Arnaud Montebourg, ministre français du Redressement productif, s'entête. Il persiste à vouloir rapatrier les centres d'appels français délocalisés au Maroc, en Tunisie et au Sénégal malgré les fortes réserves des professionnels du secteur.
Le ministre français est revenu à la charge mercredi en déclarant que le gouvernement français souhaitait le rapatriement d'une partie de ces centres d'appels des opérateurs télécoms. Pour les abonnés français, cette mesure ne devrait pas coûter plus de 20 centimes contre une relocalisation
des 10.000 emplois, selon lui. Cet argument, le ministre français l'a exposé dans son bureau aux dirigeants des opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. "Pour 10.000 emplois relocalisés sur le territoire, cela coûterait en moyenne par forfait et par mois une vingtaine de centimes
de plus pour les consommateurs", a affirmé Arnaud Montebourg sur France Inter. « Est-ce que les consommateurs sont prêts à accepter une légère hausse de prix en contrepartie de la relocalisation d'emplois qui sont en train d'être détruits' ". Avec la ministre déléguée à l'Economie numérique,
Fleur Pellerin, il a demandé aux opérateurs télécom de « rapatrier en France une partie de leurs centres d'appel, les fameux ''hotlines'', délocalisés au Maghreb et au Sénégal pour des raisons de coûts, et qui emploient des milliers de personnes localement. Les télécoms sont "un secteur performant (...) Il est inacceptable que dans un secteur sans concurrence internationale,
on se retrouve avec des destructions d'emplois", a souligné M. Montebourg mercredi.
Bouées de sauvetage
Dans les pays où les opérateurs français ont délocalisés leurs ''Hotlines'', on attend Montebourg de pied ferme. Au Maroc, où plus de 180 ''Hotlines'' emploient un peu plus de 40.000 travailleurs et où l'offshoring se développe avec la plate forme de Casablanca, le gouvernement marocain ne compte pas se laisser faire. Pour la Tunisie et le Sénégal, les centres d'appels sont des bouées de sauvetage. Dans une première réaction au projet de Montebourg, le ministre marocain de l'Industrie, du Commerce et Nouvelles Technologies, Abdelkader Amara, avait espéré que ''la France en restera au niveau des souhaits''. Quant aux experts, ils estiment que le projet du ministre français du Redressement productif est tout simplement irréalisable. Eric Dalian, président de l'Association française de la relation client (AFRC) a estimé dans un entretien dans Usine Nouvelle qu'il est « impossible de ramener ces emplois en France. Cela entrainerait de lourdes conséquences en matière de politique internationale et d'échanges commerciaux entre les pays. Le Maroc, la Tunisie ou le Sénégal feront inévitablement pression sur l'Etat français pour ne pas perdre ces emplois de service fortement reconnus. Cela est déjà arrivé par le passé. Par ailleurs, je ne suis pas certain que forcer les opérateurs télécoms à rapatrier leurs centres d'appels en France soit pleinement conforme avec les règles européennes sur la concurrence ».
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