Algérie

RACISME


ACTES DE RACISME PRIMAIRE Les damnés du Tanezrouft Ils sont Nigériens, Maliens, Tchadiens, Mauritaniens ou encore Camerounais ou Nigérians (les motivations de ces derniers se situant aux antipodes de celles des premiers) et ont tous quitté les contrées désolées du Tanezrouft, les terres arides du Ténéré ou les mégapoles surpeuplées de Yaoundé et de Lagos. Les calamités naturelles et les « agressions » d?hommes et d?animaux pléthoriques qui ont fait du Sahel actuel une terre d?angoisse dont l?avenir paraît pour le moins inquiétant pour les populations qui y végètent, n?ont fait que précipiter un départ devenu hautement incontournable. Omar (appartenant à l?éthnie des Toubous qui demeurent au sud du Sahel) et Ba Mansour (originaire de Zinder au Niger) ont atterri à Constantine après un long périple clandestin qui les a vu transiter respectivement par Tamanrasset, Béchar, Oran puis Alger. Après avoir un peu touché à tout, ils se sont spécialisés dans ce domaine qu?ils qualifient eux-mêmes de « maroquinerie du pauvre » qui consiste en la réparation « coûte que coûte » de chaussures, sandales et autres espadrilles. « C?est cela ou crever assurément de faim, ma famille et moi, là-bas au bled », nous avoue Ba Mansour, un chétif trentenaire, marié et père de deux enfants, avant d?ajouter plus loin. « A l?origine, l?Algérie n?était qu?un point de transit pour pouvoir atterrir en Espagne ou en France où je comptais m?installer. Le hasard et le dénuement surtout ont fait que je me retrouve coincé ici à Constantine pour un temps que je ne saurai déterminer. » Il faut savoir que la quasi-totalité de ces ressortissants des pays d?Afrique noire qui languissent dans les murs du Vieux-Rocher, n?a pu bénéficier des largesses du fameux « club des amis du Sahel » (qui regroupe les pays de l?OCDE et les Etats membres du CILSS ou comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse du Sahel), un organisme qui « a fait scandale en son temps, parce que profondément miné par le clientélisme et la corruption dont ont fait montre les fonctionnaires autochtones qui y activent », nous précise Ba Mansour qui nous a semblé très au fait de la situation politico-économique de son pays et de ses aléas. Comme si la situation intenable qu?il vit actuellement (il est tenaillé entre un avenir proche sans réelle perspective d?amélioration et une famille dépourvue de tout qui attend ses hypothétiques mandats comme le messie), ce dernier vient de faire les frais d?une agression physique perpétrée par un trio de vulgaires malfrats locaux (qui n?en sont pas à leur premier méfait) alors qu?il était entièrement concentré sur son ouvrage, essayant de raccommoder une paire de sandales usées. Ces chenapans (qui ont fait preuve à la fois d?une violence gratuite et inouïe à son encontre, en s?acharnant sur lui, mercredi après-midi) lui ont reproché de voler le pain de la bouche de leurs concitoyens et de draguer leurs filles. Sauvé des griffes acérées de ces voyous par des marchands à la sauvette qui occupent avec lui les dédales de la place informelle de Rahbet Edjmal (place des Chameaux), il se porte mieux depuis. Il a préféré s?abstenir de déposer plainte auprès d?un commissariat de police de proximité. « C?est trop dangereux pour moi. Je préfère subir et attendre que je m?en sorte Inchallah », nous a-t-il dit, stoïque et en bon philosophe qu?il est. Bon courage Ba Mansour !
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