Algérie - Revue de Presse

Qualifiant le congrès de Boulahia de « catastrophe »


Djaballah abat ses cartes Abdallah Djaballah a livré, hier, à l?opinion publique les résultats de son entrevue avec le ministre de l?Intérieur à propos de sa requête contre le congrès organisé, jeudi dernier, par le groupe de dissidents et dûment autorisé par le département de Zerhouni. « La rencontre s?est bien déroulée. Le ministre ne m?a rien promis sinon d?étudier sérieusement le dossier », affirme d?entrée Djaballah, soulignant avoir remis tous les documents attestant, d?après lui, que « ce congrès est illégal » et que le groupe de Boulahia est exclu des rangs du parti par décision de justice. Bien qu?il semblait, hier, plus au moins satisfait de son tête-à-tête avec M. Zerhouni, Abdallah Djaballah ne se fait pas trop d?illusions sur l?issue de cette bataille juridico-politique. « Le ministre ne m?a rien promis », reconnaît-il. Le cheikh, qui est à sa deuxième mésaventure politique après avoir été dépossédé de son premier parti Ennahda (renaissance) en 1999, ne compte pas pour autant baisser les bras. « Si c?est comme cela qu?ils croient en finir avec moi, ils se trompent lourdement. Je ne changerai pas jusqu? à ma mort ! », lance Djaballah dans un message subliminal aux autorités. Et de pointer un doigt accusateur vers le département de Yazid Zerhouni, auquel il reproche de « s?être trompé en accordant une autorisation pour la tenue d?un congrès à une commission de préparation d?un congrès qui n?est pas habilité légalement à faire cette demande ». Pour Djaballah cela « porte atteinte à la crédibilité de l?Etat » dans la mesure où, d?après lui, le ministère de l?intérieur est tenu de respecter la loi sur les partis et les statuts de son MRN dans cette affaire. Des statuts où il est écrit noir sur blanc que seuls le président du parti ou les deux tiers des membres du majliss echourra son habilités à convoquer un congrès. Abdallah Djaballah a d?ailleurs compilé tous ces documents qu?il a distribués aux journalistes après les avoir remis au ministre de l?Intérieur. « Nous sommes une institution constitutionnelle qui respecte les lois de la République, mais nous n?accepterons pas que des milieux officiels s?ingèrent dans nos affaires internes en donnant une légitimité à un groupe exclu du parti », dénonce Djaballah dans une allusion à peine voilée au département de Zerhouni. « ...Jusqu?à ma mort » Dans la foulée, il s?en est pris à Mohamed Boulahia, intronisé ce week-end à la tête du MRN, « qui ne fait plus partie de notre mouvement. Cette personne a été exclue par le conseil de discipline du parti le 12 décembre 2004 et par décision de justice le 6 mai 2006 émanant de la cour d?Alger qui l?avait obligé de rendre le cachet du MRN », affirme Djaballah qui se demande pourquoi le ministère n?a pas tenu compte de ces décisions « pourtant prononcées par la justice algérienne ! » Dans son plaidoyer contre la légitimité du congrès de ses adversaires, Djaballah révèle que la fameuse réunion du majliss echourra du 18 novembre 2004 a eu lieu dans « le domicile de Mohamed Boulahia ». Seuls 25 membres sur les 109 que compte cette instance ont effectivement assisté à cette rencontre, soutient encore Djaballah précisant que les statuts exigent la présence d?au moins 2/3, soit 74 membres pour valider un tel conclave. Et c?est justement le procès-verbal ayant sanctionné cette réunion qui a motivé l?autorisation accordée par le ministère de l?Intérieur. En effet, ce majliss echourra, qui est « illégal et antistatutaire », a créé une commission de préparation du congrès qui a demandé au département de Zerhouni l?autorisation de tenir un congrès, explique Djaballah. Et le cheminement de cette affaire ayant abouti au congrès de jeudi est jalonné de « faux et de violation des statuts et de la loi », d?après le conférencier qui s?étonne du fait que le ministère ait donné son onction à Boulahia et à ses amis. « Quelle crédibilité donner à un congrès qui a duré 2 heures et demie et dont le lieu de déroulement a été quadrillé par les services de sécurité ? », s?interroge Djaballah, en attendant la réponse, l?ultime réponse de Zerhouni.