Algérie

Propagande

La précampagne pour la charte dite de la réconciliation nationale et de la paix, qui est menée à sens unique, autorise les tenants du pouvoir à dire tout ce qu?ils pensent de ceux qui tentent de s?opposer à une démarche d?apparence politique. Dans un référendum démocratique existent le non et le oui. Or dans ce qui se raconte dans les meetings, les voix hostiles au projet présidentiel sont méprisées, diabolisées. Exactement comme à l?époque du parti unique. Cela suffit pour mettre en doute la volonté de « réconcilier » les Algériens. Car comment plaider pour la « paix » et la « communion » et interdire à d?autres Algériens d?avoir un point de vue différent ? Sinon, pourquoi mobiliser des milliards de dinars et des milliers de personnes autour d?un scrutin pour aboutir à un résultat connu d?avance. La télévision d?Etat, qui continue de « pomper » l?argent public à grands flots sans aucun contrôle, s?est transformée en une immense machine de propagande. La teneur indigente des messages télévisés donne l?impression d?être adressée à une audience de simples d?esprit. Et comme d?habitude, toute critique est bannie. Il n?y a aucune fierté à tirer d?une campagne qui veut imposer l?idée totalitaire du consensus. Le Président Bouteflika a accusé, à plusieurs reprises, les trafiquants de drogue et « les trabendistes » d?être opposés à sa démarche. Les narcotrafiquants et les commerçants sont-ils devenus des acteurs politiques ? La sphère habituelle de l?opposition s?est-elle déplacée vers des terrains moins connus puisque, à suivre cette logique, l?Algérie ressemble à une petite Colombie ? Sans précision, Bouteflika a mis également à l?index « ceux qui ont usurpé le pouvoir » d?être hostiles à son projet. Au-delà du fait que l?identité de ces « usurpateurs » demeure indéterminée, cette accusation permet de penser qu?au sein du cercle de décision, l?entente n?existe plus. Et que le chef de l?Etat n?a pas tous les pouvoirs qu?on lui attribue. La charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui semble être une solution médiane pour maintenir provisoirement des équilibres, paraît un prétexte pour clarifier des visées stratégiques. Pour l?heure, le débat sur « l?amnistie générale » est superflu. L?essentiel pour Bouteflika, qui est soutenu par Ahmed Ouyahia dont l?opinion politique est clairement chancelante, est la participation au référendum qu?il a initié. Participation qui doit, selon lui, être « convaincante et massive ». A l?entame de son deuxième mandat présidentiel, Bouteflika veut donc un quatrième plébiscite après ceux de 1999 et de 2004. Cela, a priori, lui permettra de négocier d?autres virages politiques. A commencer par la révision de la Constitution. Les résultats officiels du scrutin du 29 septembre confirmeront, d?une manière ou d?une autre, cette stratégie.
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