Algérie - Revue de Presse

Proche-orient



Les travaillistes israéliens roulent pour Sharon Décidément le vent tourne vite en Israël. Le Premier ministre Ariel Sharon, qui n?avait plus qu?un gouvernement de minorité depuis qu?il a annoncé son plan de retrait unilatéral de la bande de Ghaza, a réussi à convaincre son parti de se coaliser avec le parti travailliste de Shimon Peres. En août dernier, le comité central du Likoud sous la houlette des durs tels que Uzi Landau, un opposant au retrait de Ghaza, a sévérement désavoué son chef sur la même question de la formation d?une coalition gouvernementale avec le parti travailliste rival. En mai dernier, une forte majorité du parti du Likoud, le plus important parti israélien de droite, avait rejeté par référendum le plan de retrait de Sharon. Jeudi soir à Tel-Aviv, la proposition de Sharon a obtenu 62% de voix des membres du comité central. 38% ont voté contre. Ce résultat constitue une véritable revanche du Premier ministre israélien qui a prévenu les membres du comité central qu?un rejet de sa proposition provoquerait des élections anticipées. La législature actuelle s?achève normalement en novembre 2006. Actuellement, Sharon gouverne avec l?appui des 40 membres de son parti à la Knesset qui en compte 120. « Mon plan (de désengagement) a été approuvé par le cabinet et tous les ministres du Likoud. Il a reçu le feu vert d?une importante majorité à la Knesset (Parlement) et il faut en finir avec les atermoiements et permettre à Israël d?avancer et de saisir des occasions historiques », a proclamé Sharon pour tenter de convaincre les indécis au sein de son parti. Outre les travaillistes, Sharon veut également rallier le Shass et le Judaïsme unifié de la Torah, deux partis religieux orthodoxes qui disposent respectivement de 11 et 5 députés, bien que ces formations s?opposent à un retrait unilatéral de Ghaza. « Pour la première fois, il y a une majorité à droite et à gauche qui souhaite le retrait de Ghaza », a pour sa part déclaré le chef du parti travailliste Shimon Peres. En signe de protestation, un convoi d?un millier de voitures de colons a relié jeudi dernier par route les colonies du nord de la Cisjordanie à celles du sud de Ghaza pour protester contre l?évacuation de ce territoire. Alors qu?il lutte durement pour faire passer son plan de retrait unilatéral de la bande de Ghaza, qui prévoit l?évacuation de quelque 8000 colons qui vivent entourés de près d?un million et demi de Palestiniens, Sharon a donné son feu vert à l?armée pour reprendre les opérations militaires dans les territoires palestiniens. En plus des incursions, la machine de guerre israélienne a repris la politique d?élimination physique des membres influents des différentes factions palestiniennes armées. Dans ce contexte, trois militants palestiniens ont été blessés jeudi dernier lorsque leur véhicule a été visé par une roquette, lancée par un drone (avion sans pilote). L?opération qui a eu lieu près de Rafah au sud de la bande de Ghaza ciblait Djamal Abou Samhadna, le chef des comités populaire de la résistance pour le sud de la bande de Ghaza. « Il s?agit d?une lâche tentative d?assassinat (...), mais ils ont survécu », a affirmé Abou Abir, porte-parole des Comités populaires de la résistance, rappelant qu?Abou Samahdna avait été visé par trois précédentes attaques. Israël avait fait savoir qu?il s?abstiendrait de mener des opérations offensives contre des militants palestiniens afin de permettre d?assurer le calme lors des élections présidentielles palestiniennes du 9 janvier. Cela est une autre preuve que le plan de retrait unilatéral de Sharon ne vise nullement de faire progresser le processus de paix. Il est convaincu que seuls le chaos et l?anarchie dans les territoires pourraient lui permettre de mener à bien sa véritable vision de la « paix » avec les Palestiniens, qui se résume, par la non-création d?un véritable Etat palestinien, du non-retour des réfugiés, de garder éternellement la ville Sainte d?El Qods sous la domination israélienne. La bonne marche des préparatifs pour l?échéance présidentielle palestinienne du 9 janvier ainsi que l?atmosphère démocratique qui règne dans les territoires sont autant de coups qui font mal à Sharon, beaucoup plus mal que ne pourrait lui faire la plus grande des déboires militaires.


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