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Procès Jackson : Les débats s'achèvent, le mystère demeure, la défense espère

Procès Jackson : Les débats s'achèvent, le mystère demeure, la défense espère
Cinq semaines de débats, une quarantaine de témoins et des heures d'exégèses scientifiques n'ont pas suffi pour lever le voile sur les dernières heures de Michael Jackson, alors que s'achève le procès de son médecin, accusé d'avoir négligé et abandonné son illustre patient.
Le procès de Conrad Murray, poursuivi devant la Cour supérieure de Los Angeles pour homicide involontaire, entre lundi dans sa sixième semaine avec le contre-interrogatoire du Dr Paul White, dernier témoin de la défense. Il sera éventuellement suivi du témoignage peu probable de l'accusé, avant que le procureur David Walgren n'entame son réquisitoire et la défense sa plaidoirie. Le jury pourra ensuite se retirer pour délibérer.
La cinquième semaine de débats, qui a vu défiler à la barre les témoins de la défense, a donné corps à la thèse des avocats du Dr Murray, qui consiste à faire de Michael Jackson le seul responsable de sa propre mort. Selon l'autopsie, le "roi de la pop" est décédé le 25 juin 2009 d'une "grave intoxication" au propofol, un puissant sédatif qu'il utilisait comme somnifère avec la complicité du Dr Murray, qui a reconnu lui en avoir administré le matin de sa mort et les mois précédents.
Deux témoins le Dr Allan Metzger et l'infirmière Cherilyn Lee ont assuré que le chanteur leur avait demandé avec insistance, quelques mois avant sa mort, de lui procurer du propofol pour traiter ses insomnies chroniques. Des insomnies "probablement" provoquées par la dépendance de la star au médicament anti-douleur Demerol, que le dermatologue Arnold Klein lui administrait à très hautes doses entre ses injections de Botox, selon un expert de la dépendance, le Dr Robert Waldman. Mais le témoignage-clé est venu du Dr Paul White, un spécialiste mondialement reconnu du propofol, qui a réfuté point par point les conclusions de l'un de ses anciens élèves, le Dr Steven Shafer, un témoin du parquet qui avait livré quelques jours plus tôt un témoignage à charge contre le Dr Murray.
Pour le Dr White, le chanteur s'est non seulement auto-injecté une dose supplémentaire de propofol quand son médecin avait le dos tourné, mais il a aussi avalé huit comprimés de lorazepam un autre sédatif, qui a contribué à la mort de Michael Jackson, selon l'autopsie. Parole d'expert contre parole d'expert, théorie contre théorie: les Dr Shafer et White sont deux spécialistes indiscutables du propofol mais leurs conclusions, défendues à grand renfort de graphiques, de simulations de dosages et d'exégèses pharmacologiques, ne sont jamais que des interprétations. Rien aujourd'hui, pas même les tests toxicologiques, ne permet de savoir avec certitude ce qu'a absorbé Michael Jackson le matin de sa mort, en l'absence de témoins autres que le Dr Murray lui-même.
Pour le procureur David Walgren, qui a bâti son accusation sur la négligence et l'incompétence du Dr Murray, qui aurait "abandonné" son patient malgré un salaire mensuel de 150.000 dollars, ce n'est sans doute pas le plus important. Il est en effet établi que le praticien a quitté la chambre de Michael Jackson il l'a reconnu lui-même devant la police pendant qu'il lui administrait du propofol en intraveineuse. Une procédure à risque, a fortiori dans un environnement non-hospitalier.
Il a aussi énormément tardé à appeler les urgences après avoir découvert que le chanteur de respirait plus. Ces fautes professionnelles deux parmi les dix-sept qualifiées d'"énormes" et "potentiellement mortelles" par l'accusation suffisent à elles seules à appuyer le réquisitoire du parquet. D'ailleurs, la défense ne s'est pas risquée à essayer de démontrer que son client était irréprochable. Ce qu'elle veut, c'est convaincre le jury que c'est sa dépendance aux médicaments, et non la négligence de son médecin, qui a entraîné la mort brutale du "roi de la pop" à l'âge de 50 ans. En cas de condamnation, le Dr Murray risque jusqu'à quatre ans de prison.
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