Algérie

Précaution supplémentaire


Le transfert vers un hôpital parisien du président de la République, s?il répond à une nécessité médicale jugée urgente, pourrait indiquer que l?état de santé de ce dernier est considéré à tout le moins comme sérieux. Donc, il devait impérativement être pris en charge non seulement par une équipe de spécialistes mais aussi par des structures dotées des équipements idoines pour parer à toute éventualité. Ce déplacement à l?étranger, en tout état de cause, traduirait le souci de mettre tout en ?uvre pour rétablir au plus vite le premier magistrat du pays. Même si l?hôpital militaire de Aïn Naâdja dispose de moyens conséquents pour être à la hauteur de sa réputation dans pareille situation, il reste indéniable que le fait de faire examiner Bouteflika par des médecins français est perçu comme une précaution supplémentaire allant dans le sens de la recherche du meilleur traitement possible. Au demeurant, c?est à Aïn Naâdja qu?a été établi le premier diagnostic qui se résume, selon le communiqué officiel de la Présidence, à « des troubles au niveau de l?appareil digestif ». Théoriquement, c?est le service gastro qui aurait donc effectué le contrôle médical d?usage, avant d?aboutir à la précision que « la situation clinique du président de la République n?est pas source d?inquiétude ». S?ils sont souvent difficiles à décoder pour des raisons que l?on peut aisément deviner, les bulletins de santé concernant les chefs d?Etat sont aussi parfois explicites. Dans le cas qui nous intéresse, le communiqué officiel a voulu nous faire comprendre que le Président a eu un malaise d?ordre digestif, que son état de santé ne suscite aucun souci de gravité et que, pour ne pas laisser le moindre doute dans les esprits, il a été décidé, sur indications des médecins, son transfert vers un hôpital parisien réputé pour « un bilan médical plus approfondi ». Depuis hier, les Algériens, surpris par cette nouvelle, sont à l?écoute de l?évolution de l?état de santé de leur président, mais comme il fallait s?y attendre en pareille circonstance, rien ne filtre de la structure hospitalière qui, comme le veut la tradition, a pour obligation de garder le secret. Il faut tout de même rappeler que depuis son arrivée au pouvoir en 1999, Bouteflika n?a jamais été confronté à un problème de santé qui relèverait de « troubles digestifs » d?une telle amplitude qu?il était impossible de ne pas la rendre publique. Ce serait donc la première fois que le Président en vient à souffrir d?une maladie qui, sans être préoccupante pour le corps médical, ne l?écarte pas moins des affaires de l?Etat pendant tout le temps que prendra sa convalescence. En revanche, c?est au plan de la condition physique que Bouteflika paraissait s?émousser quelque peu ces derniers jours, suite à des charges de travail lourdes qu?il a toujours voulu mener sans ménagement. Sa campagne pour le référendum sur la réconciliation nationale, jugée démentielle, a laissé des traces certaines sur sa santé.
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