Algérie

Portrait probable de Yaghmoracen Ibn Ziane sur le portulan de Mecia de Viladestes (pt) (1413, collections de la BnF).

Portrait probable de Yaghmoracen Ibn Ziane sur le portulan de Mecia de Viladestes (pt) (1413, collections de la BnF).


Yaghmoracen Ibn Zian — ou Yghomracen Ibn Zyan, ou encore Yaghmoracen Ibn Zyan — ; en berbère : (Iɣumrasen U Zyan ou Iɣmurasen U Zyan) ; en arabe : يغمراسن إبن زيان, naît en 1206 et meurt en février/mars 12831. C'est un grand chef amazigh zénète et fondateur de la dynastie des Zianides en 12352. Il a fait de Tlemcen, en Algérie, sa capitale2.

Origine :
Les Zianides sont des Berbères zénètes3. En 1228, un cheikh des Banu Abdel Wad, Jabr beb Yusuf, est nommé gouverneur par le calife almohade. Puis son fils, son frère et enfin son cousin Zegdan ben Zyan de la branche des Banu Ziane lui succèdent. A son décès en 1235/36 le gouvernorat revient à son frère Yaghmoracen Ibn Ziane4.

Ibn Khaldoun mentionne des anecdotes à son sujet. Ainsi, Yaghomracen ayant entendu des généalogistes qui voulait le faire descendre de Mahomet1, s'exprima en langue berbère locale et dit à peu près ceci : « Nous avons obtenu les biens de ce monde et le pouvoir par nos épées et non par cette ascendance. Quant à son utilité dans l'autre monde, elle dépend de Dieu seul »5. Quand les architectes ont voulu inscrire son nom sur un minaret qu'il avait fait élever, il répondit dans un dialecte berbère zénète: « Dieu sait » (Issen Rebbi)6.

Souverain zianide :
Lors de la décadence de l'empire Almohade, Tlemcen se révolte contre le calife de Marrakech en 12363, le pouvoir tribal échoit aux mains de Yaghmoracen Ibn Ziane7. Dès 1240, il cesse de reconnaître le califat almohade et se pare du titre d’émir des musulmans. Yaghmoracen affronte les Almohades qui désirent de récupérer Tlemcen et résiste aux ambitions de ses voisins Hafsides7.

Après sa victoire sur le calife almohade al-Sa’id en 1248, il devient à la tête d’un État dont la vigueur se fortifie au long de son règne3. Son long règne est l’un des facteurs de la stabilité du royaume zianide, malgré les luttes intenses contre les Almohades, les Hafsides et les Mérinides2. En 1251-1252, jouant à la fois de la diplomatie et de la force, il étend sa souveraineté sur les tribus berbères du Bas Chélif à la Mitidja et sur des Arabes bédouins du Maghreb central3.

Yaghmorasan est à la fois homme de guerre acharné ainsi qu'un administrateur avisé4. Ces marches militaires ne l'empêchèrent pas de mettre en place une administration solide. Georges Marçais estimait qu'elle avait été plus développée que celles de ses voisins. Les postes de gouverneurs revenaient à des membres de sa famille. Ses fils et neveux étaient nommés dans les principales villes du Royaume : Oujda, Nédroma, Oran, Mazouna, Ténès, Miliana, Médéa, Alger et Dellys. L'administration centrale (le makhzen) avait été confiée à des familles andalouses4.

Yaghmoracen meurt fin février 1283 près de Djidiouia à son retour de Miliana où il était allé accueillir une princesse hafside destinée à son fils et successeur Abu Said Uthman I4. Sur son lit de mort, il aurait conseillé son fils successeur de renoncer d’attaquer les Mérinides pour se concentrer à l’est3.

Notes et références
↑ Revenir plus haut en : a et b Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, traduction du baron de Slane (tome III), Ed. Imprimerie du Gouvernement (Alger), 1856 [1] [archive]
↑ Revenir plus haut en : a b et c Chems Eddine Chitour, Algérie : le passé revisité, Casbah Editions, 2004, 318 p. (ISBN 978-9961-64-496-6), p. 60
↑ Revenir plus haut en : a b c d et e Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique : De l’ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte, 2010, 358 p. (ISBN 978-2-7071-5231-2), p. 192, 193, 194
↑ Revenir plus haut en : a b c et d Collectif coordonné par Hassan Ramaoun, Dictionnaire du passé de l’Algérie : de la préhistoire à 1962, Oran, CRASC Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle, 2015, 630 p. (ISBN 978-9931-598-01-5), p. 538-540
↑ Ibn Khaldoun, Le Livre des exemples, traduction d'Abdeslam Cheddadi (vol. I), Ed. Gallimard (ISBN 2-07-011425-2)
↑ Victor Piquet, Histoire des monuments musulmans du Maghreb, Ed. Librairie René Bauche (Evreux), 1937
↑ Revenir plus haut en : a et b Les Abdelwâdide [archive] sur le site qantara patrimoine méditerranéen.

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