Algérie

Portrait de James Brown


Le rideau se baisse sur «Mister Dynamite» James Brown n’était pas seulement un musicien et un chanteur. Il personnifiait principalement le révolutionnaire. Au départ, «Mister Dynamite», comme il aimait se désigner, est parti du plus bas niveau de l’échelle sociale aux Etats Unis; à la limite de l’esclavage. En fin de parcours de son existence, il avait réalisé la performance de contester le monopole de la réussite exclusive aux blancs. Les artistes blacks lui doivent tout, en particulier l’ouverture des perspectives professionnelles. «Parrain de la Soul», «Mr Sex Machine», l’inventeur du funk, James Brown a, au cours de sa carrière, fait danser, avec des rythmes et un jeu de jambes incomparables, la planète sous toutes les latitudes et toutes les saisons. Sa musique, son comportement, ses relations, ses cures de désintoxication et ses passages en prison consacrent un destin plein d’un artiste intégral. Celui d’un démolisseur d’establishment dans une Amérique raciste, matérialiste et intolérante. James Brown est mort à l’âge de 73 ans.Mais l’artiste qui a, «durant un demi-siècle, pratiqué le talent novateur» a enrichi la culture américaine et «influencé des générations de musiciens». Le chanteur, dont la mort a surpris même ses proches, devait se produire mercredi et jeudi dans le Connecticut et le New Jersey (nord-est) et avait programmé deux concerts à New York pour le 31 décembre. Selon son agent, James Brown devait, au début de l’année 2007, chanter aussi au Canada et trois concerts étaient prévus en France (Grenoble, Marseille et Paris) en juin. Proverbial pour ses prouesses sur les plateaux de spectacles et ses extravagances vestimentaires sur scène, James Brown est certainement l’artiste le plus imité du show business. James Brown, alias également «Mr Dynamite», a produit plus de 75 albums, vendus à des millions d’exemplaires dans le monde. Depuis le succès de «Please, Please, Please» en 1956, le chanteur a tout inventé ou, mieux, s’est tout réapproprié: la soul music, le rythm an blues, le funk et même le rap. Né le 3 mai 1933, de parents pauvres, il sera élevé par sa tante dans le sud des USA. Très tôt, le jeune James se met au travail et à 12 ans il ramasse le coton dans les plantations dans l’Etat esclavagisteCaroline du sud. Il exercera d’autres menus métiers, cireur des chaussures dans le centre-ville par exemple et rabatteur pour filles de joie. Auteur de petits larcins, il est condamné pour vol à l’âge de 16 ans. En prison, en 1949, il fait la connaissance de Bobby Byrd et entre dans son groupe de gospel. Il apprendra en compagnie du musicien, l’orgue, la guitare et la batterie. Entre temps, il se fait la voix dans les chorales des églises. En 1952, il rejoint les Starlighters. Le groupe change alors de nom pour devenir James Brown and the Famous Flames et fait deux albums, «Please, Please, Please» en 1956, et «Try Me» en 1958, tout en délaissant quelque peu le gospel pour un rythm an blues bien plus nerveux. En 1962, James Brown enregistre un album live à l’Apollo de New York. C’est un succès colossal. En 1970, c’est l’apothéose avec «Sex Machine», peut-être le point d’orgue de sa carrière. Dans les années 70, la vague disco arrive et submerge presque James Brown et son funk endiablé. Au début des années 80, il entame une carrière dans le cinéma avec un rôle de prêtre dans un film qui deviendra culte. Et c’est vraiment le cinéma qui le relance puisque le film «Rocky IV», en 1986, lui permet de triompher avec «Living In America». Depuis cette période, James Brown a enchaîné séjours en prison, cures de désintoxication et disques de qualités diverses. Après une vie faite d’excès en tous genres, il apprend, à la fin de l’année 2004, qu’il est atteint d’un cancer de la prostate. Trafic de drogue, coups et blessures à agents de police, tentative de fuite, violence conjugale s’ajoutent à son casier judiciaire déjà bien fourni. En 1988, James Brown est condamné à six ans de prison pour tentative d’agression contre des policiers. Il est mis en liberté conditionnelle au bout de deux ans et demi. Veuf, James Brown avait été marié trois fois.
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