Algérie - Divers Travaux Publics

Pont à haubans de Oued Dib à Mila: Un ouvrage menacé de fermeture "pour cause de glissement"



Pont à haubans de Oued Dib à Mila:  Un ouvrage menacé de fermeture




Le magnifique et non moins célèbre pont à haubans de Oued Dib, qui enjambe le lac de Beni Haroun, serait menacé de fermeture. Cet ouvrage d’art mis en service depuis 14 ans vient d’être affecté par des glissements de terrain.

Selon les précisions d’un expert en travaux publics, qui a requis l’anonymat, le tablier du viaduc, long de 640 mètres, a glissé légèrement vers l’intérieur du lac du barrage suite à un glissement qui aurait affecté les parties submergées de l’ouvrage, c’est-à-dire les pylônes qui le supportent.

A en croire notre source, le système de contrôle de la stabilité du pont, fait d’un ensemble de miroirs posés par paires les uns contre les autres, a révélé, en effet, la présence d’un léger déplacement du tablier du pont au niveau de deux points.

«Deux miroirs, l’un à l’entrée et l’autre à la sortie du pont, ne sont plus très bien ajustés à ceux contre lesquels ils sont posés, ce qui signifie que certaines parties de l’ouvrage ont légèrement bougé», a expliqué notre interlocuteur.

Il soutient, par ailleurs, que si l’ouvrage continue de bouger malgré les mesures de stabilisation prises, «on sera obligé de le fermer à la circulation».

Il est à signaler que le représentant d’un bureau d’études italien spécialisé se trouve sur les lieux depuis le 28 juillet pour établir un diagnostic de l’état actuel des quatre appareils d’appui de l’ouvrage.
Pour la direction des travaux publics, il n’en est absolument rien.

«Les travaux qui se font actuellement au niveau du pont sont ordinaires et d’entretien programmés depuis 2013», nous a dit le DTP, Abdellah Sellai.

S’agissant de la présence d’un bureau d’études européen sur place, notre interlocuteur précise: «En l’absence d’une entreprise nationale spécialisée, on recourt à l’expertise étrangère.»

L’étude en cours, souligne-t-on, concernera non seulement l’ouvrage d’art en tant que tel, mais également les milieux aquatiques et naturels où il est implanté.

«Si l’étude italienne révèle par exemple des anomalies au niveau des appareils d’appui de l’ouvrage, on les changera sans recourir pour autant à l’interruption du trafic routier, car l’opération, délicate qu’elle est, ne nécessitera pas plus de 15 minutes», a indiqué M. Sellai.

S’agissant du système de miroirs qui aurait révélé l’existence d’un léger glissement de certaines parties du viaduc, le DTP, le sourire ironique, a précisé: «Le pont n’est doté d’aucun système de contrôle de stabilité. Ce prétendu système de miroirs est une pure invention de son auteur. La DTP s’appuie sur les observations régulières faites à l’œil nu par ses techniciens.»

Signalons que l’ouvrage d’art en question a été affecté, en 2007, par un glissement de l’une de ses culées, ce qui a nécessité la construction d’une extension de quelques mètres de la table du pont.

Kamel Beniaiche



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