Algérie

Politique d’alphabétisation

L’association Iqraa crie au marchandage La présidente de l’association Iqraa, Aïcha Mebarki, connue pour ses multiples programmes de lutte contre l’analphabétisme, l’environnement et le sida, a dénoncé hier, au forum d’El Moudjahid, « le travail de sape et le marchandage des bureaux locaux de l’Office national de l’alphabétisation». Pour Mme Mebarki, l’Office en question, fort de ses démembrements locaux, « tente par tous les moyens de ramener notre association sous sa coupe, alors que l’association qui travaille depuis le début des années 1990 avec les programmes des Nations Unies (Pnud, Global Funds, Unicef) dispose d’un statut et d’une réglementation très claire lui permettant d’activer pour l’insertion et la promotion dans le domaine de la lutte contre le fléau de l’analphabétisme «. Toujours selon elle, « la campagne de discrédit contre l’association, entamée depuis quelque temps par les bureaux locaux de l’Office national de l’alphabétisation, a pris un revers très dangereux lorsqu’ils ont fait miroiter aux candidats potentiels, pour la majorité des femmes, une Omra et des aides financières. Il s’agit d’une véritable entreprise de mensonges à laquelle ont été livrés ces apprenants aux conditions de vie modestes et vivant pour la plupart dans des localités désenclavées et déshéritées «. «Si cela continue ainsi, avertit-elle, notre pays qui compte encore 7 millions d’analphabètes, dont plus de 4 millions de femmes d’après le recensement de 1998, n’avancera pas mais régressera. D’autant plus que, face aux coups de boutoir des responsables parasites, l’association enregistre ces dernières années un important taux d’abandon aux cours d’alphabétisation, après 2 à 3 mois de formation ». Par ailleurs, la présidente d’Iqraa estime que « la prochaine rentrée scolaire sera compromise si le gouvernement ne prend pas en charge le cas des 1.980 enseignants, pour la plupart de niveau terminal, qui encadrent actuellement les apprenants, notamment sur le chapitre des indemnités «. Rappelons que la raison invoquée par les autorités concernées est que les alphabétiseurs n’ont pas le niveau requis. Réponse de Mme Mebarki : « Dans plusieurs localités et villages du pays, il est difficile de trouver un encadrement adéquat pour assurer les cours d’alphabétisation «. «Le peu qui existe préfère, selon elle, aller dans d’autres secteurs «. Ce qui l’a amenée, selon ses propos, « à travailler avec des éléments ayant le niveau de 1ère et 2ème AS «. Toujours selon la présidente de l’association Iqraa, « par le passé, le gouvernement et le ministère des Finances ont refusé un fonds ‘spécial alphabétisation’ pour octroyer des subventions aux associations» Aussi, interpelle-t-elle le chef de gouvernement et le parlement à « soutenir les associations de la société civile activant sur le terrain, dont Iqraa qui plaide en faveur de l’alphabétisation, la formation et l’intégration sociale «. Par ailleurs, après avoir formé, depuis 1993, selon Mme Mebarki, au moins 760.000 citoyens analphabètes, « l’association Iqraa, en collaboration avec le CENEAP, a livré les résultats d’une enquête, sur son manuel pédagogique spécial Code de la famille, réalisée dans 16 wilayas du pays «. Il s’agit d’une première évaluation de l’impact sur une population de 1.740 apprenants visés utilisant ledit manuel au cours de l’année scolaire 2007/2008. Les premiers résultats de l’enquête, assez instructifs, signalent notamment que « plus de 93% des interviewés ont déclaré avoir été au courant des changements apportés au Code de la famille de 1984 et amendé en 2005». Abed Tilioua
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