La mairie organise ce dimanche une votation sur la piétonnisation et la végétalisation de 500 nouvelles rues. La mesure entraînera la suppression de 10.000 places de stationnement.
Après l'interdiction des trottinettes électriques en libre-service en 2023 et le triplement des tarifs de stationnement pour les SUV en 2024, la troisième votation citoyenne organisée ce dimanche à Paris par la maire socialiste Anne Hidalgo promet encore du changement dans les rues de la capitale. Si le «pour» l'emporte, la ville végétalisera et piétonnisera 500 nouvelles rues.
«C'est un vrai choix de modèle de ville», souligne Christophe Najdovski, l'adjoint chargé de la végétalisation de l'espace public. Avec la perspective de cinq à huit nouvelles rues coupées à la circulation et végétalisées par quartier, chaque Parisien pourrait à terme en trouver une à moins de 300 mètres de chez lui, dans la logique de la «ville du quart d'heure» promise par Anne Hidalgo. Il y a eu «une accélération» sur le sujet, souligne l'écologiste David Belliard, adjoint chargé de la transformation de l'espace public et de la voirie. La mairie a notamment déjà fermé aux voitures quelque 220 «rues aux écoles», dont 86 ont été réaménagées, précise-t-il. L'objectif est d'atteindre les 300 à la fin de la mandature en 2026.
- «Clivage majeur»
«Si la votation citoyenne est positive, on passera à une autre dimension, avec des rues qui seront végétalisées à 50 %», insiste Patrick Bloche, le premier adjoint. L'identification de ces 500 rues se fera dans un second temps. «Jusqu'ici, on était sur des «rues aux écoles» avec un double enjeu de sécurisation de leurs abords et d'une meilleure qualité de l'air. Là, la présence d'une école ne sera plus le critère de choix», explique le bras droit d' Anne Hidalgo. Principale condition posée: les rues devront avoir un sous-sol permettant de planter de la végétation.
Le chantier s'annonce de longue haleine. «Il faudra sans doute trois à quatre ans pour atteindre cet objectif», estime Patrick Bloche, qui avance «un coût moyen de 500.000 euros par rue». Soit une mesure qui pourrait s'élever, au total, à 250 millions d'euros.
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Comme les fois précédentes, cette votation citoyenne - qui est ouverte aux 16-18 ans à la condition qu'ils soient inscrits - attise les critiques de l'opposition. «Le Conseil de Paris de juillet dernier avait déjà voté à l'unanimité un voeu pour la généralisation des rues jardins», s'étonne Maud Gatel, la présidente du groupe Modem, déplorant «une instrumentalisation de la démocratie participative».
Difficile aussi, selon elle, de prendre une décision en toute connaissance de cause alors qu' «il n'y a même pas le nom des rues en question et sans en connaître les conséquences…». La conseillère LR de Paris Valérie Montandon fustige, elle, «une votation au rabais» sur «une question consensuelle» mais «sans qu'il n'y ait eu aucune étude d'impact globale» ni «un plan de circulation à l'échelle de Paris».
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Mais, selon Patrick Bloche, ce choix serait «beaucoup moins consensuel qu'il ne paraît, car cela impacte la place de la voiture dans la ville, qui est le clivage majeur depuis un quart de siècle entre la majorité municipale et l'opposition». La transformation de ces 500 rues passera en effet par la suppression de 10.000 places de stationnement, soit autant que depuis le début de la mandature en 2020. «On ne peut évidemment qu'être pour davantage de végétalisation, mais, là, on a l'impression que c'est le cheval de Troie d'une politique antivoiture dogmatique», tacle Valérie Montandon.
Le plan piéton adopté fin 2023 et doté de 300 millions d'euros d'investissements prévoyait déjà de créer 100 nouveaux hectares d'espaces piétons d'ici à 2030.
Photo: La Mairie a déjà fermé aux voitures quelque 220 «rues aux écoles». (Gilles Rolle/REA)
Pour accéder aux articles cités en annexe: https://www.lesechos.fr/pme-regions/ile-de-france/pietonnisation-anne-hidalgo-consulte-les-parisiens-pour-multiplier-les-rues-sans-voiture-2155530
Laurent Thévenin
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Par Laurent Thévenin - Publié le 22 mars 2025
Source : https://www.lesechos.fr/