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Planète (Palestine/Asie) - Guerre Israël-Hamas. Gaza: émoi international après une bousculade mortelle à l’arrivée d’un convoi humanitaire


Planète (Palestine/Asie) -  Guerre Israël-Hamas. Gaza: émoi international après une bousculade mortelle à l’arrivée d’un convoi humanitaire


La mort d’au moins 112 personnes dans une bousculade jeudi à Gaza, lors d’une distribution d’aide humanitaire ayant tourné au “bain de sang”, suscite un émoi international. Les circonstances exactes du drame restent floues, mais l’armée israélienne a reconnu avoir tiré sur la foule.

“La distribution d’aide humanitaire vire au bain de sang”, s’indigne Le Soir. Les images de la bousculade mortelle qui a coûté la vie à au moins 112 personnes et fait plus de 700 blessés, jeudi dans le nord de la bande de Gaza, ont provoqué la sidération dans les capitales arabes et occidentales, ainsi qu’à l’ONU, où le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence.

“Jeudi matin à l’aube, 36 camions sont venus distribuer de la nourriture dans la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave”, raconte le quotidien bruxellois, citant une source au sein de l’administration à Gaza. “Les gens sont affamés et inquiets” et “les distributions d’aide ne sont pas régulières”, surtout dans le nord du territoire, observe cette source. “Quand elles arrivent, ils se précipitent sur les camions pour prendre ce qu’ils peuvent”.

Côté gazaoui, on affirme “qu’une partie de la foule, placée au sud du point de contrôle, s’est approchée et que les militaires [israéliens] ont fait feu”, poursuit le titre belge. Pour le Hamas, qui gouverne Gaza, ce sont donc les tirs israéliens qui ont provoqué la bousculade mortelle.

Côté israélien, “la version des faits a changé au cours de la journée”, remarque The Guardian. Dans un premier temps, Tsahal a affirmé que “les victimes étaient mortes dans une bousculade” où elles avaient été “poussées, piétinées et écrasées par les camions”, alors qu’elles se précipitaient vers les véhicules.

Plus tard dans la journée, les militaires ont reconnu avoir ouvert le feu “sur une foule qui les menaçait après le départ du convoi humanitaire”, tout en assurant que “la plupart des victimes” avaient été tuées ou blessées plus tôt, dans la bousculade.

- “Enquête approfondie”

L’ONU et de nombreuses ONG ont martelé ces dernières semaines que la situation humanitaire à Gaza était catastrophique, souligne le Washington Post : “Les organisations humanitaires ont averti de la gravité et de l’ampleur de la faim et des privations au sein de la population de Gaza, suggérant que l’enclave était au bord de la famine”.

“Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunissait à huis clos sur le sujet, les condamnations du monde entier ont été unanimes” face à ce “massacre des affamés”, observe La Stampa.

Aux États-Unis, “la Maison-Blanche et le département d’État ont fait part de leur horreur face aux événements et ont assuré qu’ils exigeraient des explications de la part d’Israël”, rapporte le Times of Israel. La présidence américaine a jugé l’incident “extrêmement alarmant” et estimé qu’une “enquête approfondie serait nécessaire”.

En Europe, le président français Emmanuel Macron a exprimé “ [sa] plus ferme réprobation” face aux images provenant de Gaza, “où des civils ont été pris pour cible par des soldats israéliens”, et a exigé “vérité” et “justice”.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères et le chef de la diplomatie de l’Union européenne ont pour leur part jugé “inacceptable” ce nouveau “carnage”, tandis que l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Jordanie accusaient une nouvelle fois Israël de “cibler les civils”.

- “Défaite stratégique”

Le Hamas a précisé de son côté que les événements de jeudi “pourraient compromettre les pourparlers” en cours sur un éventuel “cessez-le-feu et échange d’otages”, écrit El País. Joe Biden a lui aussi estimé que “ce qui s’est passé ce jeudi dans la bande de Gaza empêcherait qu’un accord soit annoncé dans les prochains jours, une hypothèse qu’il considérait mercredi à portée de main”.

“Au-delà de son impact immédiat, cette tragédie incarne la défaite d’Israël face aux Palestiniens”, juge pour sa part Le Temps.

“Il va sans dire qu’affamer une population, puis lui tirer dessus alors qu’on lui a enfin permis d’accéder à l’aide humanitaire, est indigne. Mais il s’agit aussi d’une défaite stratégique, quelles que soient les victoires militaires ou le nombre de morts”, poursuite le titre genevois. Car “ce qui a rendu les actes de jeudi possibles, c’est le mépris et la peur des soldats israéliens à l’égard des Palestiniens”.

Dans les colonnes de Ha’Aretz, Dahlia Scheindlin, chercheuse au sein du groupe de réflexion The Century Foundation, considère elle aussi que la journée de jeudi pourrait marquer un tournant dans le conflit.

Aujourd’hui, il y a “deux nouvelles raisons de mettre fin à la guerre”, écrit-elle: “Le nombre de Gazaouis tués [depuis le début de l’offensive israélienne] atteint les 30 000, et les Palestiniens du nord de Gaza se sont disputé des camions d’aide”.

“Certains étaient des pilleurs, d’autres mouraient probablement de faim, ou peut-être que les pilleurs mouraient de faim”, poursuit-elle. Les circonstances du drame restent floues et “les réseaux sociaux peuvent se battre pour déterminer quel camp a tué le plus de personnes. Mais je connais la vérité: ils ont tous été tués par la guerre. Il est temps d’en finir”.




Photo ajoutée par Akar Qacentina pour illustration: La tuerie israélienne de plus de 100 morts sur une population gazaouie affamée, assassinée... dans une grande prison à ciel ouvert avec la complicité des gouvernants de l'Occident, à leur tête les Etats-Unis d'Amérique/Akar Qacentina. All Israël News

Courrier international
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