Y’a plus de saisons • La migration des grues cendrées a commencé. Le signe d’un retour des beaux jours? C’est un peu plus compliqué que ça
L’hiver va-t-il enfin laisser la place au printemps? Dans le ciel provençal, l’espoir renaît: les grues cendrées sont en mouvement. Ces grands oiseaux migrateurs, qui peuvent voyager jusqu’à 2.500 kilomètres, commencent à remonter vers l’Europe du nord pour se reproduire. Mardi, selon le site Internet de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), des départs ont été observés depuis la Camargue. Quelques milliers d’oiseaux ont également volé au-dessus des Alpes-Maritimes ou encore de la région toulousaine.
Le passage dans le ciel de certaines espèces suit un calendrier annonciateur du retour du printemps. Mais attention aux faux espoirs: ces vols ne signifient pas forcément le retour des beaux jours.
- Conditions physiologiques
«Il y a plein de proverbes, de petites croyances, qui peuvent être liés à la faune et aux oiseaux, mais ils se vérifient assez peu», tempère Jérémy Dupuy, ornithologue au sein de la LPO France. «Chez certaines espèces, le déclenchement de la migration est lié à la photopériode. Lorsque la durée du jour augmente de nouveau, cela va générer une augmentation de la taille des organes génitaux chez les oiseaux et donc des hormones: c’est un phénomène physiologique, pas forcément lié à la météo», poursuit-il.
Chez d’autres espèces longévives, qui vivent longtemps, à l’instar de la grue cendrée, les migrations s’adaptent davantage aux conditions climatiques. «A l’automne lorsqu’elles descendent vers le sud, certaines vont attendre le dernier moment et essayer de rester le plus longtemps possible au nord. C’est l’arrivée vague de froid qui va déclencher le départ». En sens inverse, «dès qu’elles ont une ouverture, elles vont quitter les zones d’hivernage», pointe l’expert. Néanmoins, «de là à dire que c’est annonciateur du retour du beau temps, je ne m’avancerai pas là-dessus», sourit Jérémy Dupuy. Les grues ne sont pas en mesure d’anticiper le retour d’une vague de froid par exemple.
- Baromètres vivants
Outre les saisons, certains dictons associent la météo et les oiseaux. Avec plus ou moins de vérité. L’hirondelle est souvent citée: si elle vole haut, alors il fera beau, mais si elle vole bas, la pluie et l’orage sont à craindre. «Hirondelles et martinets volent plus bas parce que les insectes, dont ils se nourrissent, volent plus bas quand il fait mauvais», confirme Christian Moullec, météorologue et ornithologue, accompagnant les oiseaux en vol avec son ULM.
Selon ses observations, les oiseaux sont capables de réagir aux perturbations météorologiques, parfois en les anticipant. «Quand je voyage avec les oiseaux, avant une situation orageuse, il est très compliqué de les faire monter en altitude, par exemple», appuie-t-il. Certaines espèces, notamment les oiseaux marins comme les puffins, vont même être capables de fuir les tempêtes. «Beaucoup d’oiseaux sont capables de sentir les variations de pression atmosphérique, mais ils sont aussi sensibles aux infrasons qui peuvent être émis lors de tsunamis ou d’ouragans, aux températures, aux variations du champ magnétique de la terre», abonde le passionné d’oiseaux, dont la vie a été adaptée dans le film Donne moi des ailes.
- S’adapter au changement climatique
Les oiseaux sont surtout des témoins privilégiés du changement climatique depuis plusieurs années. «Les températures au printemps sont chaudes de plus en plus tôt. Ainsi, l’explosion végétale; le bourgeonnement et le développement des insectes sont avancés. Or les oiseaux migrateurs, qui ont besoin d’exploiter ces ressources, vont essayer de suivre le rythme», explique Jérémy Dupuy. Et d’ajouter: «En trente, quarante ans, on a des dates de retour en Europe avancée de dix ou quinze jours pour certaines espèces.»
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D’autres espèces ne passent plus par la France dans leur parcours, ou s’y attardent. «La Huppe fasciée est une espèce censée passer l’hiver en Afrique de l’Ouest, au sud du Sahara, puis revenir au printemps, indique le spécialiste. Mais de plus en plus, elle passe l’hiver ici notamment sur le pourtour méditerranéen». «Certains s’adaptent, d’autres ont plus de difficultés», ajoute Christian Moullec. Et de rappeler: «La plus grosse perturbation pour ces oiseaux, ce sont les activités humaines et surtout les pesticides.»
Photo: Les grues cendrées ont commencé leur migration printanière vers l'Europe du Nord. - M. Fourmy/SIPA
Pour accéder et lire les articles ci-dessus: https://www.20minutes.fr/planete/animaux/4202213-20260218-meteo-peut-faire-confiance-oiseaux-predire-temps-va-faire
Mathilde Durand
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Mathilde Durand - Publié le 18/02/2026
Source : https://www.20minutes.fr/