JUSQU’OÙ IRA-T-ELLE ? • Le texte écrit par une étudiante a trouvé un succès inattendu sur le site de l’Assemblée nationale
- L'essentiel
. La pétition contre la loi Duplomb créée par une étudiante continue de battre des records.
. Ce lundi, le texte a recueilli plus de deux millions de signatures sur le site de l’Assemblée nationale.
. Un débat parlementaire devrait avoir lieu autour de ce texte controversé.
«La Loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire. Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens. Cette loi est un acte dangereux.» En écrivant ces quelques lignes sur le site de l’Assemblée nationale, Éléonore Pattery n’imaginait sans doute pas que son texte allait entrer dans l’histoire. En quelques jours, elle est devenue la première pétition à atteindre le seuil des 500.000 signatures nécessaire pour envisager un débat dans l’hémicycle. Mais elle ne s’est pas arrêtée là.
Ce lundi, le texte a dépassé les deux millions de signatures. Un véritable exploit. Car on ne parle pas là d’un texte balancé sur les habituels sites comme Change.org. Non. On parle ici d’une pétition uniquement signée par des personnes majeures ayant la citoyenneté française et qui ont accepté de s’identifier avec leur compte France Connect. Le texte écrit par cette étudiante en environnement qui ne souhaite pas être interviewée a trouvé un écho inattendu. Depuis 2019 et l’ouverture de cet espace sur le site de l’Assemblée nationale, le texte le plus «populaire» avait été signé 260.000 fois. Mais ça, c’était avant.
Le succès de la pétition contre la loi Duplomb aura eu le mérite d’avoir réveillé une opposition populaire, allant des partis politiques de gauche aux ONG en passant par des célébrités comme Pierre Niney, Julien Doré ou l’influenceuse EnjoyPhoenix. Face à un tel engouement, le sénateur LR Laurent Duplomb a de plus en plus de mal à convaincre que cette pétition est «instrumentalisée», comme il l’a répété.
Non, le texte illustre surtout les craintes d’une partie de la population de réintroduire l’acétamipride. Pas dangereux? En 2022, l’Anses, l’agence sanitaire, avait évoqué dans un rapport la «forte toxicité de l’acétamipride pour les organismes aquatiques et terrestres». Voilà qui est clair.
- «Le texte sera promulgué»
Mais que peut changer cette pétition ?
Peut-être pas grand-chose. Les membres de la majorité ont déjà fait savoir que le texte ne serait pas revu. «Il y aura un débat (parlementaire) si la conférence des présidents de l’Assemblée nationale en décide. Et de toute façon le texte sera promulgué», a déclaré la ministre de l’Agriculture. Avant elle, c’est la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet qui avait refroidi les hardeurs des opposants à ce texte autorisant la réintroduction de pesticides interdits. «Un débat ne pourra en aucun cas revenir sur la loi votée», avait déclaré la députée.
Photo: Des mobilisations avaient été organisées contre la loi Duplomb. Mais c'est le succès de la pétition qui a redonné du poids aux opposants. - Nelchael Nicole/Sipa
Camille Allain
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Camille Allain - Publié le 28/07/2025
Source : 20minutes.fr