Bardés de capteurs et reliés à des ordinateurs qui gèrent leur orientation, les panneaux de l’agrivoltaïsme donnent cet été la pleine mesure de leur utilité pour sécuriser la production des vignes et des arbres fruitiers dans les Pyrénées-Orientales, face aux deux canicules de juin et août.
Sous les panneaux photovoltaïques orientables et totalement pilotés, en partie par l’IA, les rangées de sauvignon ont fière allure, avec des feuilles bien développées et vertes et, surtout, une belle première récolte à environ 52 hectolitres à l’hectare. «C’est même une récolte exceptionnelle, pour la troisième année après plantation», souligne Damien de Besombes, le propriétaire. «Nous allons pouvoir réaliser un nouveau vin blanc en côtes catalanes. Et pourtant, cette parcelle a subi deux grandes périodes de canicule, en juin (15 jours) comme en août (dix jours).»
Si Damien de Besombes gère et développe le domaine éponyme sur 52 ha à Salses-le-Château (Pyrénées-Orientales), il cultive aussi 2,5 ha en agrivoltaïque à Claira (Pyrénées-Orientales), en partenariat avec Sun’Agri, le numéro un français de cette filière prometteuse et vertueuse. L’installation produit de l’électricité (équivalent de 500 foyers) en même temps qu’elle protège les végétaux lorsque l’ensoleillement est trop violent.
- Eviter le blocage physiologique, à partir de 38 °C
«Lorsque la température est trop forte, les panneaux, automatiquement, se mettent en position horizontale, autrement dit en parasol de grande envergure pour protéger la vigne, éviter l’échaudage, le coup de chaud qui provoque le blocage physiologique de la vigne, à partir de 38 °C», explique Cécile Magherini, directrice générale déléguée de Sun’Agri. «Les panneaux permettent de gagner en moyenne 6 °C et même beaucoup plus au niveau du sol. Les panneaux parasols réduisent l’évapotranspiration de la plante, ce qui réduit en moyenne de 40 % les besoins d’irrigation.»
Le groupe a déjà installé ses panneaux sur sept parcelles en Roussillon, pour accompagner des vignes des poiriers ou des abricotiers aussi bien à Tresserre, où se trouve le terrain pionnier, qu’à Lloupia, Terrats ou Ponteilla. L’opération est blanche pour le propriétaire de la parcelle, alors que le «fermier», partenaire-investisseur de Sun’agri, a investi 2,5 millions d’euros. Les premiers retours sur les différentes installations sont très positifs, dans ce département durement touché par l’aridité.
«L’année dernière, j’ai perdu près de 80 % de ma récolte et pu vinifier à peine 500 hectolitres. L’agrivoltaïsme est de nature à nous protéger, même si cela joue sur de petites superficies», reconnaît Damien de Besombes. Son regard s’échappe vers une seconde parcelle, dans le prolongement de la vigne couverte de panneaux. Sa prochaine ferme photovoltaïque est déjà en réflexion.
Photo: Ce 22 août 2025, les premières vendanges des vignes agrivoltaïques du domaine de Besombes, à Claira (Pyrénées-Orientales) étaient bien entamées. LP/Christian Goutorbe
Par Christian Goutorbe
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Par Christian Goutorbe - Le 26 août 2025
Source : https://www.leparisien.fr/